Publié le 15 novembre 2023 17h44. Toyota s’apprête à révolutionner le marché de l’électromobilité avec le développement de la première batterie à semi-conducteurs pour véhicules électriques de production, promettant une autonomie accrue et des temps de recharge considérablement réduits. Cette avancée technologique majeure pourrait placer le constructeur japonais en tête de la course à la voiture électrique de nouvelle génération.
- Toyota vise à lancer un véhicule électrique équipé de cette nouvelle technologie dès 2027 ou 2028.
- Un partenariat stratégique avec Sumitomo Metal Mining Co. est essentiel pour la production en masse des matériaux cathodiques nécessaires.
- Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale japonaise visant à réduire la dépendance aux fournisseurs chinois et sud-coréens de batteries.
Le géant automobile japonais Toyota franchit une étape décisive dans le développement de la voiture électrique. L’entreprise est sur le point de commercialiser la première batterie à semi-conducteurs (également appelée batterie à l’état solide) pour véhicules électriques, une technologie considérée depuis longtemps comme le « Saint Graal » de l’électromobilité. Cette innovation promet d’améliorer significativement l’autonomie, la vitesse de recharge et l’efficacité énergétique des véhicules électriques.
Pour concrétiser ce projet ambitieux, Toyota a renforcé sa collaboration avec Sumitomo Metal Mining Co. L’accord porte sur la production à grande échelle des matériaux cathodiques, un composant crucial de ces batteries de nouvelle génération. Toyota affiche clairement son ambition : « réaliser la première application pratique au monde de batteries à semi-conducteurs dans des véhicules électriques produits en série ». Cette démarche témoigne d’une approche pragmatique pour surmonter les défis liés à la production de masse de cette technologie complexe.
Contrairement aux batteries lithium-ion actuelles qui utilisent un électrolyte liquide, les batteries à semi-conducteurs de Toyota utilisent un électrolyte solide. Cette conception, plus compacte et plus stable, permet d’améliorer la densité énergétique et la durabilité de la batterie. Selon le constructeur, ces batteries offriront une puissance supérieure et une durée de vie plus longue, permettant aux futurs véhicules électriques d’atteindre des performances comparables à celles des moteurs à combustion interne.
Toyota prévoit de lancer son premier véhicule électrique équipé de cette batterie révolutionnaire en 2027 ou 2028. La collaboration avec Sumitomo Metal Mining, initiée en 2021, a été déterminante pour le développement de matériaux cathodiques performants. Grâce à une technologie de synthèse de poudre unique, les deux entreprises ont réussi à créer un matériau cathodique particulièrement résistant, idéal pour les cellules à l’état solide. Sumitomo, déjà un fournisseur reconnu de cathodes pour batteries lithium-ion, concentre désormais ses efforts sur l’adaptation de cette nouvelle technologie à la production industrielle.
En septembre dernier, Toyota a également obtenu une autorisation du ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) pour produire ces batteries sur son territoire. Cette décision s’inscrit dans une stratégie nationale plus large visant à renforcer l’indépendance du Japon dans le domaine des batteries et à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine et de la Corée du Sud.
Toyota n’est pas le seul acteur à investir dans cette technologie. D’autres entreprises japonaises, comme Idemitsu Kosan, sont également engagées dans le développement de batteries à semi-conducteurs. Idemitsu prévoit de construire une usine de production de sulfure de lithium, un matériau clé pour ces batteries, avec une capacité de production allant jusqu’à 1 000 tonnes par an. L’entreprise ambitionne de lancer la production de masse de batteries à semi-conducteurs dès 2027. Ensemble, ces entreprises japonaises investissent plus de 7 milliards de dollars pour développer une filière nationale de batteries performante.
La concurrence est toutefois féroce. Si Toyota annonce des progrès significatifs, d’autres constructeurs, comme Mercedes-Benz, testent déjà des batteries à semi-conducteurs offrant une autonomie de plus de 1 000 km. De plus, l’entreprise Farasis prévoit de démarrer la production de batteries à semi-conducteurs dès cette année, soulignant l’intensité de la course à l’innovation dans ce secteur en pleine expansion.
