L’université d’État de l’Oregon traverse une saison noire, avec un bilan de cinq défaites consécutives, une première depuis 1996. Cette chute est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient après deux années de progression pour l’équipe de football américain.
Les Beavers (Castors) semblent en difficulté sur tous les fronts, commettant des erreurs coûteuses en phases spéciales et peinant à développer une attaque efficace. Malgré ces difficultés, l’entraîneur Trent Bray, à sa deuxième année en poste, bénéficie pour l’instant de la confiance de la direction.
Les signes avant-coureurs de cette crise étaient déjà visibles. Il y a deux saisons, l’État de l’Oregon était un concurrent sérieux dans la Pac-12, figurant régulièrement dans les classements nationaux. Mais le bouleversement de la conférence, avec le départ de dix équipes, a laissé les Beavers et Washington State isolés. Le départ de Jonathan Smith, l’entraîneur qui avait mené l’équipe au sommet, pour l’État du Michigan, a fragilisé le programme. Le portail des transferts a ensuite privé l’équipe de plusieurs joueurs clés, dont le prometteur quart-arrière Aidan Chiles, qui a suivi Smith à East Lansing.
Bray, ancien joueur vedette et entraîneur adjoint de longue date à Corvallis, était perçu comme un choix rassurant pour assurer la stabilité. Son accession au poste d’entraîneur-chef avait suscité l’enthousiasme, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Après une première saison encourageante avec cinq victoires, l’équipe semble régresser.
La question de savoir si l’État de l’Oregon doit se séparer de Bray est complexe. Un programme en reconstruction, cherchant à se trouver une place dans le nouveau paysage du football universitaire, a besoin d’un leader solide. Cependant, après un an et demi, rien n’indique que Bray soit l’homme de la situation. L’université est traditionnellement patiente, et Bray pourrait bénéficier d’une certaine marge de manœuvre, compte tenu de son attachement à l’établissement.
Il est peu probable que l’État de l’Oregon se précipite pour licencier Bray. Le programme a souvent privilégié une approche à long terme, et cette patience a parfois porté ses fruits. L’histoire récente de l’équipe montre que même des entraîneurs ayant connu des débuts difficiles ont pu redresser la situation, comme Mike Riley et Jonathan Smith. L’État de l’Oregon n’est pas un programme qui se sépare facilement de ses entraîneurs.
Une alternative au licenciement de Bray serait de procéder à des changements au sein de son équipe. Le coordinateur offensif Ryan Gunderson et le spécialiste des équipes spéciales Jamie Christian sont particulièrement sous pression, leurs unités ayant commis de nombreuses erreurs. La situation de Christian est particulièrement préoccupante, avec des erreurs flagrantes en phases spéciales qui ont coûté des points à l’équipe lors de deux matchs.
Gunderson est également critiqué, car l’attaque, malgré un investissement important dans le quart-arrière Malikuphy (transféré de Duke), peine à marquer des points. L’attaque au sol, censée être un point fort de l’équipe, est l’une des plus faibles du pays, classée 127e sur 133 équipes avec une moyenne de 93,8 yards par match.
L’État de l’Oregon a été confronté à de nombreuses difficultés ces deux dernières années, en grande partie indépendantes de sa volonté. Mais en ce qui concerne le leadership de l’équipe de football, il est temps pour la direction de prendre des décisions. Si l’université dispose des ressources nécessaires pour viser le succès dans la conférence reconstruite, elle doit s’assurer d’avoir les bonnes personnes en place. Il pourrait être nécessaire d’inclure l’entraîneur-chef dans ces changements pour garantir un avenir prometteur.
Si le directeur sportif Scott Barnes ne parvient pas à prendre une décision difficile, Bray pourrait démissionner, comme l’ont fait certains de ses prédécesseurs. Bray a lui-même déclaré qu’il n’avait pas l’ambition de devenir entraîneur-chef et qu’il préférait se concentrer sur le rôle de coordinateur défensif, qu’il a occupé avec succès par le passé.
L’État de l’Oregon est passé d’un concurrent de la conférence à une équipe de deuxième zone, et ne peut pas se permettre de s’enfoncer davantage. Bray a encore une chance de prouver sa valeur, mais si les problèmes persistent, il pourrait être nécessaire de prendre des mesures plus radicales.
