Publié le 17 janvier 2026 à 21h47. Malgré une escalade des tensions, les États-Unis semblent avoir renoncé, pour l’instant, à une frappe militaire contre l’Iran, après des pressions diplomatiques et des inquiétudes concernant les conséquences régionales.
- Les États-Unis ont déployé un porte-avions et des avions de combat supplémentaires au Moyen-Orient.
- Téhéran reste en état d’alerte et surveille de près les mouvements militaires américains.
- Des pays régionaux, dont l’Arabie saoudite et le Qatar, ont joué un rôle dans le revirement de Donald Trump.
L’Iran se préparait à une éventuelle attaque américaine, selon des sources proches du régime, qui se méfient traditionnellement de la politique du président Donald Trump. Cette crainte s’est intensifiée après que Washington a imposé de nouvelles sanctions contre des représentants iraniens et a renforcé sa présence militaire dans la région, notamment avec l’envoi du porte-avions USS Abraham Lincoln et de son escorte depuis l’Asie du Sud-Est. L’arrivée du groupe aéronaval est prévue dans une semaine, et des avions de combat supplémentaires devraient être transférés d’Europe.
La décision de Trump de renoncer temporairement à une action militaire a été précédée par des menaces répétées d’intervention en Iran, notamment en raison de la répression violente des récentes manifestations – plus de 3 000 personnes auraient été tuées, selon certaines estimations. Le président américain a finalement annulé l’opération après avoir reçu, selon ses dires, des assurances fiables que les exécutions de manifestants avaient cessé.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé cette information lors d’un entretien avec la chaîne américaine Fox News. Cette volte-face de Trump s’expliquerait par les pressions exercées par Israël et les États arabes, qui craignent une escalade incontrôlable et un conflit majeur dans la région.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, se serait rendu personnellement à la Maison Blanche mercredi pour exprimer ses préoccupations. Il aurait notamment souligné que les stocks de missiles intercepteurs israéliens n’avaient pas encore été reconstitués après la guerre des Douze Jours en juin, laissant Israël vulnérable à une éventuelle riposte iranienne.
L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont souvent joué un rôle de médiateur entre les États-Unis et l’Iran, auraient également incité Trump à la prudence. Ces pays craignent que le conflit perturbe le marché pétrolier et décourage les investissements. Ils ont averti Washington que Téhéran pourrait réagir à une attaque américaine en lançant des roquettes sur les pays de la région.
Selon Sebastian Sons, expert des monarchies arabes du Golfe à l’institut Carpo, « Les dirigeants de ces pays ont réussi à construire des relations de confiance avec Trump et son entourage ». Ils ont également mis en avant leurs intérêts économiques et la nécessité de maintenir la stabilité régionale.
Joe Macaron, expert du Moyen-Orient au sein du groupe de réflexion américain Wilson Center, souligne que les dirigeants arabes craignent également qu’une attaque américaine contre l’Iran ne crée un précédent dangereux. Ils s’inquiètent de l’idée qu’une intervention américaine puisse encourager d’autres régimes à réprimer brutalement les manifestations.
L’inconstance de Trump est également un facteur pris en compte. Certains observateurs estiment que ses récentes assurances concernant l’Iran ne sont qu’une manœuvre pour gagner du temps et induire Téhéran en erreur. L’été dernier, Trump avait initialement annoncé des pourparlers avec les dirigeants iraniens avant de menacer d’une frappe militaire.
