Publié le 26 novembre 2025 à 00h11. Une diminution du nombre quotidien de pas pourrait signaler l’apparition de la maladie de Parkinson plusieurs années avant le diagnostic, selon une vaste étude menée par la biobanque britannique. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies de dépistage précoce basées sur des données objectives d’activité physique.
- Une baisse du nombre de pas quotidiens est associée à un risque accru de développer la maladie de Parkinson.
- L’association est plus forte dans les premières années suivant la mesure de l’activité physique, suggérant que la diminution des pas est un signe précoce de la maladie plutôt qu’une cause.
- Les données issues d’appareils portables pourraient compléter les méthodes de diagnostic actuelles et permettre une intervention plus précoce.
Des chercheurs ont analysé les données de près de 95 000 adultes participant à l’étude de la Biobanque britannique, en se concentrant sur le nombre de pas quotidiens mesurés par des accéléromètres portés au poignet. L’objectif était de déterminer si ce chiffre pouvait prédire l’apparition de la maladie de Parkinson (MP) et si cette association persistait en tenant compte du risque de causalité inverse – c’est-à-dire si la maladie elle-même pouvait entraîner une diminution de l’activité physique.
L’intérêt pour l’utilisation d’appareils portables dans la détection précoce de maladies neurodégénératives est croissant. Un adulte sur trois utilise désormais un smartphone ou un bracelet connecté pour suivre son activité physique. La MP, qui touche des millions de personnes dans le monde, se développe souvent de manière insidieuse, avec des ralentissements moteurs subtils qui peuvent passer inaperçus pendant des années. Si les études antérieures suggéraient un lien protecteur entre l’activité physique autodéclarée et la MP, elles étaient limitées par les biais de mémoire et la difficulté de déterminer si l’activité physique protégeait contre la maladie ou si la maladie réduisait l’activité physique.
L’analyse a révélé qu’un nombre de pas quotidien plus élevé était fortement associé à un risque plus faible de développer la MP. En comparant le quintile le plus bas (moins de 6 276 pas par jour) au quintile le plus élevé (plus de 12 369 pas par jour), les chercheurs ont constaté une réduction du risque de 59 % (HR 0,41, intervalle de confiance à 95 % : 0,31 à 0,54). Chaque augmentation de 1 000 pas par jour était associée à une réduction du risque de 8 % (HR 0,92, intervalle de confiance à 95 % : 0,89 à 0,94). Cette association était linéaire et cohérente dans différents sous-groupes de population.
Cependant, l’étude a également montré que l’association entre le nombre de pas et le risque de MP était plus forte dans les deux premières années suivant la mesure de l’activité physique. Au-delà de six ans, l’association s’est estompée et n’était plus statistiquement significative (HR 0,96, intervalle de confiance à 95 % : 0,92 à 1,01). Ces résultats suggèrent que la diminution du nombre de pas est principalement un signe précoce de la MP, reflétant les premiers changements moteurs liés à la maladie, plutôt qu’un facteur de risque causal à long terme.
« Ces résultats confirment l’idée que la diminution de l’activité physique peut précéder le diagnostic de la maladie de Parkinson de plusieurs années », explique l’équipe de recherche. « Bien qu’une baisse du nombre de pas ne doive pas être considérée comme un indicateur clinique isolé, elle pourrait contribuer à l’identification des personnes à risque et à la mise en place d’une surveillance plus étroite. »
Les chercheurs soulignent que l’utilisation d’appareils portables pour mesurer l’activité physique présente plusieurs avantages, notamment la simplicité, la facilité d’utilisation et la possibilité de collecter des données objectives et à grande échelle. Ils recommandent des recherches futures pour étendre le suivi des participants, diversifier les cohortes et explorer des marqueurs numériques plus spécifiques de la démarche afin d’améliorer la détection précoce et la stratification des risques liés à la MP.
Référence de l’étude :
- Acquah, A., Creagh, A., Hamy, V., Shreves, A., Zisou, C., Harper, C., van Duijvenboden, S., Antoniades, C., Bennett, D., Clifton, D. et Doherty, A. (2025). Daily steps predict, but may not cause, Parkinson’s disease: findings from UK Biobank. npj Parkinson Dis. https://www.nature.com/articles/s41531-025-01214-6
