Publié le 12 janvier 2026 à 13h44. La Cour internationale de Justice (CIJ) a entamé ce lundi des audiences dans l’affaire de génocide impliquant le Myanmar, concernant les persécutions subies par la minorité musulmane Rohingya. Une douzaine de pays, dont les Pays-Bas, soutiennent la plainte déposée par la Gambie.
- La CIJ enquête sur les accusations de génocide contre les Rohingyas, suite à une opération militaire à grande échelle dans l’État de Rakhine.
- Plus de 700 000 Rohingyas ont été contraints de fuir vers le Bangladesh voisin, vivant aujourd’hui dans des camps de réfugiés.
- La Gambie, soutenue par onze autres pays dont les Pays-Bas, réclame des réparations et des garanties pour prévenir de futures violations de la convention sur le génocide.
Les audiences à La Haye marquent une étape cruciale dans la recherche de justice pour les Rohingyas, victimes de violences et de déplacements massifs. L’affaire, initialement portée par la Gambie il y a six ans, s’est élargie avec le soutien de plusieurs États, témoignant d’une préoccupation internationale croissante face à la situation au Myanmar. L’ONU avait déjà dénoncé en 2018 des « actes génocidaires » commis par les forces armées du Myanmar.
Selon les plaignants, l’opération militaire menée dans l’État de Rakhine visait à expulser les Rohingyas, accusés d’être des militants. Les musulmans Rohingyas dénoncent quant à eux un nettoyage ethnique systématique dans ce pays à majorité bouddhiste. Des villages ont été incendiés, des habitants ont été victimes de violences sexuelles et d’assassinats, entraînant un exode massif vers le Bangladesh.
En 2020, la CIJ avait déjà ordonné au Myanmar de prendre des mesures provisoires pour protéger les Rohingyas. Cependant, les organisations de défense des droits de l’homme affirment que des crimes graves ont continué d’être commis, notamment depuis le coup d’État militaire de 2021, qui a aggravé la situation de la minorité Rohingya. Le Myanmar nie catégoriquement les accusations de génocide.
L’issue de cette affaire pourrait avoir des implications importantes pour l’avenir des réfugiés Rohingyas et leur éventuel retour au Myanmar. La situation reste toutefois complexe, car l’État de Rakhine est désormais largement contrôlé par l’Arakan Army, un groupe rebelle qui a également été accusé de violences contre les Rohingyas.
Le dénouement de cette affaire pourrait également influencer d’autres procédures judiciaires concernant des accusations de génocide, notamment l’affaire intentée par l’Afrique du Sud contre Israël. La décision de la CIJ dans l’affaire du Myanmar pourrait servir de précédent pour de futures enquêtes et poursuites.
