Home MondeMyanmar : la junte organise des élections pour la première fois depuis le coup d’État de 2021

Myanmar : la junte organise des élections pour la première fois depuis le coup d’État de 2021

by Clara Dubois

Publié le 28 décembre 2025 à 13h30. Le Myanmar organise un scrutin législatif en trois phases, perçu par de nombreux observateurs comme une tentative de la junte militaire de légitimer son pouvoir, acquis par un coup d’État il y a près de cinq ans.

  • Le vote, qui a débuté ce dimanche, se déroule dans un contexte de répression et d’exclusion de l’opposition démocratique.
  • Seuls six partis, dont celui lié à l’armée, sont autorisés à participer à ces élections.
  • Les Nations Unies et les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent une mascarade électorale.

Le régime militaire birman a convoqué ces élections dans l’espoir de consolider son emprise sur le pouvoir, après avoir renversé le gouvernement civil en février 2021. Le scrutin, qui se poursuivra les 11 et 25 janvier, est censé marquer un retour à un système multipartite, mais les conditions sont loin d’être équitables. Seuls les partis jugés loyaux à la junte ont été autorisés à se présenter, excluant ainsi les forces politiques les plus importantes, comme la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi.

« Ces élections sont une farce. Vous êtes un fraudeur. Vous ne pouvez pas organiser d’élections libres et équitables si vous arrêtez, détenez, emprisonnez et torturez les dirigeants de l’opposition politique », a déclaré Tom Andrews, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Myanmar.

Depuis le coup d’État, l’armée a réprimé brutalement toute forme de dissidence. Des milliers de personnes ont été arrêtées, emprisonnées ou tuées, et des centaines de milliers ont été contraintes de fuir leur foyer. Les forces armées mènent des opérations militaires contre les groupes armés et les populations civiles, bombardant des villages et des infrastructures, notamment des hôpitaux, selon des témoignages concordants.

La Voix Démocratique de Birmanie, une plateforme d’information journalistique basée en Thaïlande, souligne que la situation économique est désastreuse et que les jeunes sont de plus en plus nombreux à quitter le pays. « Une vie normale n’est plus possible dans le pays », explique Aye Chanh Naing, la rédactrice en chef. La récente loi sur la conscription a exacerbé ce phénomène, poussant de nombreux jeunes à l’exil pour échapper à l’enrôlement forcé dans l’armée.

Le chef de la junte, Min Aung Hlaing, pourrait briguer un rôle de leadership au sein du gouvernement après les élections, bien que la constitution actuelle ne lui permette pas d’assumer simultanément la présidence et le commandement en chef des forces armées. La répartition exacte du pouvoir reste donc incertaine. Pour l’heure, la perspective d’une transition démocratique semble lointaine, et le Myanmar reste plongé dans une guerre civile qui a des conséquences humanitaires désastreuses.

Le régime militaire rejette les critiques et affirme que ces élections sont destinées à servir le peuple birman. Son porte-parole, Zaw Min Tun, a déclaré lors d’une conférence de presse que le chef de la junte utiliserait son expérience « pour le bien du pays si l’État lui confiait une tâche ».

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