L’icône du cinéma français Brigitte Bardot est décédée dimanche à l’âge de 91 ans, a annoncé la Fondation Brigitte Bardot, l’association de protection animale qu’elle a fondée. De star internationale adulée à militante acharnée pour la cause animale, Bardot laisse derrière elle un héritage complexe et durable.
Au sommet de sa gloire, dans les années 1950 et 1960, Brigitte Bardot était une véritable star planétaire, dont la renommée rivalisait avec celle de Marilyn Monroe. Elle affirmait elle-même : « Avec le général de Gaulle et la Tour Eiffel, je suis peut-être le Français le plus connu au monde ! ». Son image, capturée dans des films qui ont marqué leur époque, a fait d’elle un symbole de liberté et de sensualité.
Bardot s’est révélée au public dans les années 1950, à une époque où le cinéma étranger connaissait un succès retentissant en Amérique, notamment grâce à une approche plus audacieuse des thèmes liés à la sexualité. Son rôle dans Et Dieu créa la femme (1956), réalisé par son mari de l’époque, Roger Vadim, a particulièrement marqué les esprits. Une scène où elle danse pieds nus sur une table, est souvent citée comme un moment clé dans l’évolution de ce qui était considéré comme acceptable à l’écran. Vadim expliquait : « Il n’y avait vraiment rien de choquant dans ce qu’a fait Brigitte. Ce qui était provocateur, c’était sa sensualité naturelle. »
La blonde voluptueuse incarnait une fraîcheur et un naturalisme qui tranchaient avec le glamour plus conventionnel des stars de l’époque. Selon un documentaire consacré à sa vie, À la découverte de Brigitte Bardot, elle était « un sex-symbol, mais parlait comme une femme que l’on pouvait rencontrer dans la rue ». Elle a popularisé des tendances vestimentaires comme le bikini et les hauts à épaules dénudées, devenant une véritable icône de style.
Entre 1952 et 1973, date de son retrait du cinéma, Bardot a tourné dans une cinquantaine de films, collaborant avec des réalisateurs de renom tels qu’Anatole Litvak (Acte d’amour, 1953), Henri-Georges Clouzot (La Vérité, 1960), Jean-Luc Godard (Le Mépris, 1963) et Louis Malle (Vive Marie !, 1965). Bien qu’aucun de ses films ne soit considéré comme un chef-d’œuvre absolu, elle a connu un succès commercial considérable.
En 1970, Bardot a été immortalisée dans une sculpture réalisée par l’artiste Aslan, sous les traits de Marianne, la personnification de la République française. Simone de Beauvoir, l’écrivaine française, observait déjà en 1962 que « Bardot est un produit d’exportation aussi important pour la France que les automobiles Renault. »
Dans ses mémoires, Initiales B.B. (publiées en 1996), Bardot a évoqué ses nombreuses relations amoureuses avec des personnalités célèbres, notamment les acteurs Jean-Louis Trintignant et Warren Beatty, ainsi que le musicien Serge Gainsbourg. Elle y raconte même une anecdote sur Marlon Brando, qu’elle aurait visitée dans sa chambre d’hôtel déguisée en femme de chambre, avant de s’enfuir en raison de l’odeur et du désordre.
Après sa carrière cinématographique, Bardot s’est consacrée corps et âme à la défense des animaux, créant la Fondation Brigitte Bardot qui porte son nom. Elle est devenue une figure controversée, souvent critiquée pour ses prises de position radicales et ses déclarations polémiques, mais son engagement pour la cause animale n’a jamais faibli.



