Publié le 28 décembre 2025 22:11:00. Icône de la Nouvelle Vague et figure controversée, Brigitte Bardot s’est éteinte à l’âge de 91 ans à Saint-Tropez, laissant derrière elle un héritage complexe, entre mythe cinématographique, engagement pour la cause animale et polémiques récurrentes.
- Brigitte Bardot, actrice emblématique du cinéma français, est décédée à l’âge de 91 ans.
- Elle a marqué son époque par sa beauté, sa liberté et son influence sur la culture populaire.
- Son engagement tardif pour la défense des animaux a été aussi intense que ses prises de position politiques controversées.
Brigitte Bardot, dont le nom évoque immédiatement l’image d’une femme libre et sensuelle, s’est éteinte paisiblement dans sa résidence de Saint-Tropez. Elle était devenue, au fil des décennies, une figure incontournable du paysage culturel français, suscitant autant l’admiration que la controverse.
Née le 28 septembre 1934 dans une famille aisée parisienne, Bardot a d’abord embrassé la carrière de mannequin avant de se révéler au grand public grâce au cinéma au début des années 1950. Son attitude, son regard, sa manière de se mouvoir, brisaient les codes de l’époque et redéfinissaient les canons de la féminité. Des scènes devenues cultes, comme celle où elle danse pieds nus sur une table ou pose nue dans Le Mépris (1963) de Jean-Luc Godard, sont gravées dans la mémoire collective comme autant d’instants de grâce et de sensualité.
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Avec près de cinquante films à son actif, Bardot a collaboré avec les plus grands réalisateurs du cinéma français et européen, devenant une icône de style et une référence culturelle. Simone de Beauvoir l’avait analysée comme un phénomène de société dans Brigitte Bardot et le syndrome de Lolita (1959), la décrivant comme une femme qui marchait « d’une manière obscène et pour qui un saint vendrait son âme au diable ». En 1968, elle a même été choisie pour incarner Marianne, symbole de la République française, ultime consécration de son statut national.
Une chanson scandaleuse, un album emblématique
Au-delà de sa carrière d’actrice, Bardot a marqué la musique française. En 1967, elle a demandé au chanteur Serge Gainsbourg « la plus belle chanson d’amour que vous puissiez imaginer ». De cette requête est née, en une seule nuit, Je t’aime… moi non plus, interprétée en duo lors d’une brève et intense idylle. Mariée à l’époque au milliardaire allemand Gunter Sachs, Bardot a vu la première diffusion radio de la chanson provoquer l’indignation et le scandale de son époux. La chanson a été mise de côté pendant des années, et lorsqu’elle a finalement été diffusée, les gémissements de Bardot ont été jugés obscènes, même par le Vatican.
Bien que la version la plus célèbre soit celle enregistrée par Gainsbourg avec Jane Birkin en 1968, la collaboration entre le musicien et Bardot a continué avec l’album BB, donnant naissance à des titres emblématiques tels que Bonnie and Clyde ou Harley Davidson. L’actrice incarnait ainsi une liberté créative et sexuelle qui fascinait artistes et intellectuels, tout en alimentant une image publique à la fois admirée et critiquée.

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Engagement animalier et controverses
En 1973, au sommet de sa gloire, Bardot a pris une décision radicale : elle a abandonné définitivement le cinéma pour se consacrer à la défense des animaux. La création de la Fondation Brigitte Bardot et les images de 1977 au Canada, la montrant tenant des bébés phoques sur la glace, ont fait le tour du monde et ont contribué à changer la perception du public concernant la chasse aux phoques. Depuis, la cause animale est devenue sa principale raison d’être, un combat qu’elle a mené jusqu’à la fin de sa vie.
Mais parallèlement à cet engagement, Bardot a accumulé les controverses. Ses déclarations sur l’immigration et à l’encontre de la communauté musulmane de France lui ont valu plusieurs condamnations pour incitation à la haine. Sa proximité idéologique avec l’extrême droite française et son admiration affichée pour Marine Le Pen, qu’elle en est venue à qualifier de « Jeanne d’Arc du XXIe siècle », ont éclipsé pour beaucoup son héritage artistique et humanitaire.
Dans ses dernières années, elle s’est également distanciée du mouvement #MeToo, relativisant les accusations de harcèlement sexuel au cinéma, et a refusé de se faire vacciner contre le Covid-19, invoquant des allergies aux produits chimiques. Retirée entre ses deux demeures à Saint-Tropez, Bardot restait une figure imprévisible, fidèle à une franchise qui, selon sa biographe Marie-Dominique Lelièvre, pourrait se résumer ainsi : « Bardot a toujours été et sera toujours une enfant. »
“Une existence française”
La disparition de Brigitte Bardot a suscité une vague de réactions en France et à l’étranger. La présidente du parti d’extrême droite Rassemblement National, Marine Le Pen, a exprimé son « immense regret » et l’a décrite comme une personnalité « extraordinairement française » : libre, indomptable, droite.
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Le président Emmanuel Macron a rendu hommage à celle qui, selon ses mots, « incarnait une vie de liberté, une existence française d’éclat universel », et a déclaré que le pays pleurait « une légende du siècle ».
Brigitte Bardot s’éteint, laissant derrière elle une figure mythique du cinéma français, peut-être la dernière de sa génération d’acteurs et d’actrices porteurs des valeurs de son temps, après d’autres figures comme Alain Delon.
Avec Reuters et EFE
