La Chine a lancé lundi des exercices militaires de grande envergure autour de Taïwan, en réponse à la récente vente d’armes américaines à l’île et pour affirmer sa souveraineté. Ces manœuvres, qualifiées d'”avertissement sévère” par Pékin, perturbent le trafic aérien international et exacerbent les tensions dans la région.
Baptisée « Mission Justice 2025 », cette opération militaire constitue la première mobilisation d’ampleur autour de Taïwan depuis avril dernier. Le Commandement du théâtre de l’Est de l’armée chinoise a annoncé que les exercices incluent des simulations de combats réels, des tirs, des frappes maritimes et terrestres, ainsi que des exercices de blocus portuaire dans sept zones stratégiques autour de l’île. L’objectif affiché est de dissuader toute intervention extérieure.
Selon le ministère taïwanais de la Défense, ces exercices confirment la nature agressive de Pékin et son rôle de « principal perturbateur de la paix ». Le chef d’état-major adjoint du renseignement, Hsieh Jih-sheng, a précisé que l’opération mobilise des dizaines d’avions et de drones dans le détroit de Taïwan.
Plus de 100 000 voyageurs internationaux pourraient être affectés par ces manœuvres, a indiqué le ministère des Transports taïwanais. L’Administration de l’aviation civile de Taïwan prévoit que les exercices se poursuivront jusqu’à mardi.
Ces tensions font suite à l’annonce, début mai, d’une vente d’armes américaines à Taïwan pour un montant de 11,1 milliards de dollars (environ 10,2 milliards d’euros). Cette vente comprend des systèmes de fusées d’artillerie à haute mobilité (HIMARS) et des équipements liés à la réparation de missiles Harpon. Les États-Unis avaient déjà approuvé des ventes d’armes à Taïwan pour plus d’un milliard de dollars en novembre dernier.
La Chine a réagi en imposant des sanctions à 20 entreprises de défense américaines, dont Boeing, leur interdisant de faire des affaires en Chine. Dix dirigeants de ces entreprises se sont également vus interdire l’entrée sur le territoire chinois.
Le Département d’État américain a justifié la vente d’armes en affirmant qu’elle « sert les intérêts nationaux, économiques et de sécurité des États-Unis en soutenant les efforts continus du bénéficiaire pour moderniser ses forces armées et maintenir une capacité défensive crédible ». Il a également souligné que cette vente contribuerait à « améliorer la sécurité du bénéficiaire et à maintenir la stabilité politique, l’équilibre militaire et le progrès économique dans la région ».
Le bureau présidentiel de Taïwan a exprimé sa « sincère gratitude » pour cette vente, tandis que la Chine a immédiatement condamné cette décision, la jugeant préjudiciable à sa souveraineté et à la sécurité régionale.
Taïwan, officiellement la République de Chine, est autonome depuis 1949, après la fuite des forces nationalistes vaincues par les communistes. Pékin considère toutefois Taïwan comme une province rebelle et revendique sa « réunification » avec le continent.
Le colonel Shi Yi, porte-parole du Commandement du théâtre de l’Est, a déclaré que les exercices constituent un « avertissement sévère contre les forces séparatistes de l’indépendance de Taïwan et les forces d’ingérence extérieure » et a qualifié l’action militaire de mesure « nécessaire » pour protéger la « souveraineté et l’unité nationale » de la Chine.
