Publié le 16 janvier 2026. Les commerces d’origine chinoise continuent leur expansion rapide au Chili, mais cette croissance s’accompagne d’un contrôle accru des autorités et de préoccupations croissantes concernant la qualité des produits et le respect des réglementations.
- Le nombre de grands centres commerciaux chinois au Chili a augmenté de 27,5 % en un an, atteignant 255 établissements.
- Santiago Centro reste la zone la plus concentrée de ces commerces, mais leur croissance y ralentit.
- Des irrégularités concernant les licences commerciales, la contrefaçon et la vente de produits potentiellement dangereux pour la santé ont été constatées.
La présence des centres commerciaux chinois, souvent installés dans des locaux vacants en centre-ville ou en périphérie, est un phénomène de plus en plus visible au Chili. Selon une analyse récente du cabinet de conseil Colliers, le pays comptait 255 de ces établissements en 2025, soit une augmentation de 55 par rapport à l’année précédente. Cette croissance représente un taux annuel de 27,5 %.
Colliers définit un centre commercial chinois comme un local commercial d’une superficie supérieure à 500 mètres carrés (soit l’équivalent d’un grand magasin). Il est important de noter que cette analyse ne prend pas en compte les bazars chinois, les petites galeries ou les restaurants intégrant des espaces commerciaux, dont le nombre total dépasse 1 500 dans le pays.
Santiago Centro concentre actuellement 40 % de ces centres commerciaux. Cependant, la croissance dans cette zone a ralenti, avec une diminution de 34 % du nombre d’ouvertures entre janvier 2025 et la même période un an plus tard, passant de 47 à 31.
José Agustín Segura, directeur adjoint du secteur Business Intelligence de Colliers, explique ce ralentissement par plusieurs facteurs.
« Le type de produits qu’ils vendent ne leur est plus aussi rentable de louer de grandes surfaces, et ils choisissent d’ouvrir des magasins dans des communautés moins peuplées, en dehors de la capitale »
. L’expert souligne également le renforcement des contrôles effectués par les autorités.
Ces contrôles sont liés à des plaintes récurrentes concernant le non-remise de tickets de caisse ou le non-paiement des redevances. Par ailleurs, plusieurs opérateurs majeurs, tels que Newtree, Alistore, Lida Marketches, Doremi et Greater Shanghai, coexistent avec un nombre croissant de centres commerciaux chinois indépendants, notamment dans les régions.
Les préoccupations concernant ces commerces ne se limitent pas à la concurrence qu’ils représentent pour les entreprises locales. Un rapport de la Chambre Nationale de Commerce (CNC) a révélé des lacunes importantes en matière de licences commerciales, de certifications et d’étiquetage des produits. Le rapport confirme la présence de produits contrefaits et locaux, et souligne que, dans plus de la moitié des cas, les commerces ne présentent pas de licence commerciale visible ou fournissent des copies non officielles.
La CNC exprime des « doutes sur la validité » de ces licences. De plus, des cas de vente de produits potentiellement dangereux pour la santé ont été signalés, notamment des grenouilles, des tortues ou des canards congelés, entraînant des interdictions d’exploitation.
