Publié le 5 novembre 2025 à 15h38. Le ministère public néerlandais a classé sans suite les plaintes déposées suite à des déclarations controversées du groupe de punk britannique Bob Vylan lors d’un concert à Amsterdam, estimant qu’elles relevaient de l’expression politique et non d’incitation à la haine.
- Les déclarations du groupe, jugées provocatrices, ont suscité des réactions et des plaintes de plusieurs organisations, dont le Centre d’information et de documentation d’Israël (CIDI).
- Le ministère public considère ces propos comme des appels à l’activisme politique, relevant du style expressif et conflictuel du genre punk.
- Malgré la polémique, le groupe a pu se produire à Nimègue après une décision de justice favorable.
Les déclarations faites par le groupe punk britannique Bob Vylan lors d’un concert à Amsterdam le mois dernier ne feront pas l’objet de poursuites pénales. Le ministère public a annoncé ce lundi avoir classé les plaintes déposées à la suite de ces propos, les jugeant non punissables.
Bien que certaines déclarations aient pu être perçues comme “provocatrices et grossières”, le ministère public les interprète comme des “appels à l’activisme et à l’engagement politique”, s’inscrivant dans le style expressif et conflictuel propre au genre punk. Il n’est donc pas question, selon les autorités, d’une incitation à la haine, de discrimination ou d’insulte à un groupe.
Le ministère public a précisé qu’il s’était limité à vérifier la conformité des propos avec la législation et la jurisprudence existantes, sans se prononcer sur leur caractère approprié ou répréhensible.
Quatre déclarations examinées
Le 13 septembre dernier, Bob Vylan s’était produit sur la scène du Paradiso à Amsterdam. Le leader du groupe, Bobby Vylan, avait alors tenu quatre déclarations qui ont fait l’objet d’un examen minutieux de la part du ministère public. Il avait notamment crié “Mort à l’armée israélienne”.
Suite à cette prestation, 35 organisations et particuliers ont déposé plainte, parmi lesquels le CIDI. Le groupe de pression avait notamment estimé que la déclaration « niquez les sionistes, cherchez-les dans les rues » constituait un appel à la violence à l’encontre des Juifs.
Le ministère public a toutefois affirmé que les propos de Bob Vylan concernant les sionistes ne visaient pas le peuple juif en tant que tel, considérant le sionisme comme « un mouvement politique et une idéologie ». Selon les autorités, le rappeur avait également pris soin de distinguer les sionistes des Juifs lors de son concert. Il avait affirmé que le groupe n’était pas antisémite, mais antisioniste.
Après le concert du Paradiso, la salle de concert 013 de Tilburg avait annulé la représentation du groupe, invoquant les déclarations controversées et l’agitation qu’elles avaient provoquée sur les réseaux sociaux. La Consultation centrale juive avait également déposé une requête en référé pour interdire le concert de Bob Vylan à Nimègue, mais sa demande avait été rejetée par la justice.
