Publié le 23 novembre 2025 à 19h06. Le journaliste Peter Gomez, figure autrefois associée à des enquêtes rigoureuses, suscite l’inquiétude quant à l’orientation de son émission « La Confessione » sur Rai3, certains y voyant une dérive vers un style plus sensationnaliste.
Une association de soutien à Peter Gomez a vu le jour, témoignant d’une inquiétude grandissante face à l’évolution de son travail. Gomez, journaliste d’origine italo-américaine, s’est distingué par le passé pour ses investigations sur la mafia, l’affaire Tangentopoli et les agissements de Silvio Berlusconi. Son arrivée à la Rai, attribuée à l’influence de certains acteurs politiques, semble coïncider avec un changement de ton.
L’émission « La Confessione », présentée par Gomez, est critiquée pour son approche qui, selon certains, trahit l’esprit d’investigation rigoureuse qui avait fait sa réputation. Lors d’une récente interview, il a interrogé Roberta Petrelluzzi, créatrice d’une émission télévisée pionnière dans la transformation de la justice en spectacle. Au lieu de l’interroger sur les critiques formulées par Umberto Eco il y a des années concernant cette transformation – Eco avait alors souligné le risque de voir l’opinion publique amplifier les jugements – Gomez s’est concentré sur des querelles personnelles et des appels à la réhabilitation de personnes controversées.
« Nous ne voyons pas la justice en action, mais la télévision qui interprète la justice. »
Umberto Eco, écrivain et sémiologue
Les détracteurs de Gomez craignent qu’il ne sombre dans un style comparable à celui de Bruno Marzullo, un journaliste connu pour ses interviews souvent superficielles et axées sur le sensationnel. La question se pose de savoir si le Gomez d’aujourd’hui est le même que celui qui aspirait à une justice plus transparente et à des enquêtes approfondies. L’avenir de « La Confessione » et la crédibilité de son animateur sont désormais au centre des débats.
