Après dix-sept ans d’exil, Tarique Rahman, figure centrale du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et possible futur Premier ministre, est revenu au Bangladesh ce jeudi 8 février. Son retour, accueilli par une foule immense, intervient dans un contexte de tensions politiques et à l’approche des élections législatives prévues en février 2026.
Des milliers de partisans enthousiastes ont convergé vers l’aéroport de Dhaka dès les premières heures de la journée, brandissant des drapeaux, des banderoles et des portraits de Rahman. L’atmosphère était à la liesse, ponctuée de chants patriotiques et de slogans en faveur du BNP.
Visiblement ému, Rahman a pris le temps de toucher le sol de sa patrie, ramassant une poignée de terre en signe de respect avant de saluer la foule. Il a ensuite rejoint un convoi sécurisé, escorté par les forces de l’ordre.
Dans son premier discours à son retour, Rahman, 60 ans, a promis de garantir la sécurité et la justice pour tous les Bangladais si son parti remportait les prochaines élections. « Aujourd’hui, je veux dire que j’ai un plan pour mon pays… un État sûr que les gens espèrent depuis longtemps », a-t-il déclaré. « Il est temps de construire un pays ensemble. Ce pays appartient aux habitants des collines et des plaines, Musulmans, Bouddhistes, Chrétiens et Hindous. »
Le retour de Rahman est perçu comme un tournant potentiel dans la politique bangladaise. Il prend la relève de sa mère, Khaleda Zia, l’ancienne Première ministre, actuellement hospitalisée en soins intensifs à Dhaka en raison de problèmes de santé. Rahman a souligné que sa mère avait « tout sacrifié » pour le pays et qu’il était venu lui exprimer sa gratitude.
Tarique Rahman, également connu sous le nom de Tarique Zia, avait quitté le Bangladesh en 2008, après avoir été arrêté pour corruption et dénoncé ce qu’il considérait comme une persécution politique. Il a dirigé le BNP depuis Londres pendant son exil. Sa peine de prison à perpétuité, prononcée par contumace dans l’affaire de l’attentat à la grenade de 2004, a été annulée suite au renversement du gouvernement de Sheikh Hasina.
Le retour de Rahman coïncide avec une période de troubles au Bangladesh, marquée notamment par l’assassinat de Sharif Osman Hadi, un leader étudiant critique envers l’Inde, abattu début février à Dhaka. Sa mort a déclenché des manifestations violentes, avec des attaques contre des bâtiments et le haut-commissariat indien à Chattogram, où les services de visa ont été suspendus.
Les relations diplomatiques entre Dhaka et New Delhi se sont tendues depuis le soulèvement étudiant de l’année dernière, Sheikh Hasina, l’ancienne Première ministre déchue, ayant trouvé refuge en Inde. L’Inde examine actuellement une demande d’extradition du Bangladesh visant Hasina, condamnée à mort par contumace pour crimes contre l’humanité.
Jahan Panna, une ancienne députée du BNP, a exprimé l’espoir que le retour de Rahman mettrait fin au « cycle d’anarchie » et apporterait un nouvel espoir au pays. « Rahman est le symbole de l’espoir pour ce pays », a-t-elle déclaré.
