L’ancienne Première ministre bangladaise Cheikh Hasina a été condamnée à 21 ans de prison pour corruption, dans le cadre d’une série de procès liés à des accaparements de terrains. Cette nouvelle sentence intervient après une condamnation à mort prononcée la semaine dernière pour des crimes contre l’humanité, alors qu’elle vit en exil en Inde.
Le tribunal de Dhaka a reconnu Cheikh Hasina coupable d’avoir illégalement acquis des parcelles de terrain dans une banlieue de la capitale, au profit de sa famille. Les trois condamnations à sept ans de prison, à purger consécutivement, font suite à des plaintes déposées par la Commission anti-corruption (ACC) concernant des terrains lucratifs dans le projet Purbachal New Town.
Le procureur Khan Moinul Hasan a annoncé son intention de faire appel du verdict, estimant qu’il n’était « pas satisfait » et souhaitant obtenir la peine maximale. « Nous allons faire appel », a-t-il déclaré à l’agence de presse AFP.
La semaine dernière, Cheikh Hasina avait déjà été condamnée à mort par pendaison pour son rôle dans la répression meurtrière d’un soulèvement étudiant en 2024, un événement qui avait précipité sa chute et sa fuite du Bangladesh le 5 août 2024. Selon les Nations Unies, cette répression aurait fait jusqu’à 1 500 morts.
Shaina Begum, la mère d’un étudiant abattu par la police quelques heures avant la démission de Hasina, a exprimé son indignation : « Je ne peux pas être calme tant qu’elle n’a pas été ramenée et pendue dans ce pays. » Des centaines de familles endeuillées attendent de voir si l’ancienne Première ministre sera réellement traduite en justice.
Le juge Abdullah Al Mamun a justifié sa décision en soulignant que la conduite de Cheikh Hasina « démontre une mentalité de corruption persistante, enracinée dans le droit, un pouvoir incontrôlé et un œil avide pour la propriété publique ». Il a ajouté qu’elle avait « considéré les terres publiques comme un bien privé, manipulant les procédures officielles pour son propre bénéfice et celui de ses proches. »
Les enfants de Cheikh Hasina, Sajeeb Wazed et Saima Wazed, ont également été condamnés à cinq ans de prison dans l’une des trois affaires de corruption.
Cheikh Hasina et son parti, la Ligue Awami, ont dénoncé ces procès, qu’ils considèrent comme politiquement motivés. L’ancienne dirigeante, âgée de 78 ans, n’a pas désigné d’avocat pour sa défense et certains groupes de défense des droits humains ont exprimé des doutes quant à l’équité des procédures.
D’autres affaires impliquant des allégations d’accaparement de terres sont en cours, avec un verdict attendu le 1er décembre. Le Bangladesh est actuellement dirigé par un gouvernement intérimaire mené par Mohammed Yunus, prix Nobel de la paix, en attendant les élections prévues en février 2026. New Delhi examine actuellement une demande d’extradition de Dacca.
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