Home Nouvelles« L’Inde voit le chaos » : Cheikh Hasina sur la « réalité du Bangladesh de Yunus » ; accuse le gouvernement intérimaire de ne pas protéger les minorités

« L’Inde voit le chaos » : Cheikh Hasina sur la « réalité du Bangladesh de Yunus » ; accuse le gouvernement intérimaire de ne pas protéger les minorités

by Nicolas Lefèvre

Publié le 22 décembre 2023 02:48:00. L’ancienne Première ministre bangladaise, Sheikh Hasina, accuse le gouvernement intérimaire actuel de favoriser l’anarchie et la persécution des minorités, suite à la mort d’un jeune leader étudiant et à un contexte de tensions croissantes, notamment avec l’Inde.

  • Sheikh Hasina dénonce une dégradation de la sécurité et de la gouvernance au Bangladesh depuis son départ du pouvoir.
  • Elle met en cause la capacité du gouvernement intérimaire à protéger les minorités religieuses, citant le lynchage d’un homme hindou.
  • L’ancienne Première ministre exprime son inquiétude quant à l’orientation politique du Bangladesh et à ses relations avec l’Inde.

L’ancienne Première ministre bangladaise, Sheikh Hasina, a vivement réagi à la mort de Sharif Usman Hadi, un leader étudiant influent, en l’accusant directement le gouvernement intérimaire dirigé par Muhammad Yunus de laisser régner l’anarchie dans le pays. Elle affirme que la violence qui sévit au Bangladesh témoigne d’un effondrement de l’autorité et d’une détérioration de la situation depuis son éviction du pouvoir.

Dans une interview écrite accordée à l’agence de presse ANI, Sheikh Hasina a souligné que l’assassinat de Sharif Usman Hadi révélait une culture de la violence grandissante sous l’administration actuelle. Elle a mis en garde contre les conséquences déstabilisatrices de cette situation, non seulement pour le Bangladesh, mais aussi pour ses relations avec les pays voisins, en particulier l’Inde.

« Ce meurtre tragique reflète l’anarchie qui a déraciné mon gouvernement et s’est multipliée sous Yunus. La violence est devenue la norme tandis que le gouvernement intérimaire la nie ou est impuissant à l’arrêter. De tels incidents déstabilisent le Bangladesh sur le plan intérieur, mais aussi dans ses relations avec ses voisins, qui nous observent avec une inquiétude justifiée. L’Inde est témoin du chaos, de la persécution des minorités et de l’érosion de tout ce que nous avons construit ensemble. »

Sheikh Hasina, ancienne Première ministre du Bangladesh

Sharif Osman Hadi, décédé le 16 décembre à Singapour des suites de ses blessures, était un figure montante de la jeunesse bangladaise, associé au mouvement de contestation de juillet 2024 et porte-parole de la plateforme politique Inqilab Mancho. Il avait été grièvement blessé par balle à Dhaka le 12 décembre lors d’une agression à l’arme blanche et transféré à Singapour pour recevoir des soins spécialisés.

L’ancienne Première ministre a également exprimé sa profonde préoccupation face au lynchage de Dipu Chandra Das, un jeune homme hindou, dans le district de Mymensingh. Elle a directement imputé la responsabilité de cet acte odieux au gouvernement intérimaire, l’accusant de ne pas assurer la protection des minorités religieuses et de ne pas maintenir l’ordre public.

« La tension à laquelle vous êtes témoin est entièrement due à Yunus. Son gouvernement publie des déclarations hostiles contre l’Inde, ne parvient pas à protéger les minorités religieuses et permet aux extrémistes de dicter sa politique étrangère, puis exprime sa surprise lorsque les tensions montent. L’Inde est l’ami et le partenaire le plus fidèle du Bangladesh depuis des décennies. Les liens entre nos nations sont profonds et fondamentaux ; ils survivront à tout gouvernement temporaire. »

Sheikh Hasina, ancienne Première ministre du Bangladesh

Sheikh Hasina a dénoncé une hostilité croissante envers l’Inde, qu’elle attribue à l’influence d’éléments radicaux encouragés par le gouvernement actuel. Elle a évoqué des attaques contre des installations diplomatiques indiennes, des médias et des communautés minoritaires, mettant en garde contre les conséquences de cette politique sur les relations bilatérales.

Elle a également exprimé son inquiétude quant à l’influence grandissante de forces islamistes radicales, accusant le gouvernement intérimaire d’avoir libéré des terroristes condamnés et de permettre à des groupes liés à des organisations extrémistes internationales de gagner en influence dans la vie publique. Elle craint que ces éléments ne profitent de la situation pour radicaliser les institutions bangladaises.

Enfin, Sheikh Hasina a critiqué l’orientation de la politique étrangère du Bangladesh sous le gouvernement intérimaire, estimant que des changements majeurs étaient entrepris sans légitimité démocratique. Elle a souligné que le Bangladesh avait toujours privilégié une approche équilibrée en matière de relations internationales, mais a accusé Muhammad Yunus de s’éloigner de cette tradition en s’aliénant ses alliés traditionnels.

En savoir plus sur le lynchage de Dipu Chandra Das (Times of India)
Article sur le décès de Sharif Osman Hadi (Times of India)
Promesses de Yunus de suivre l’idéal du leader anti-indien Hadi (Times of India)
Rapport sur les troubles au Bangladesh et le lynchage d’un homme hindou (Times of India)

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