Publié le 2025-11-06 18:33:00. Stellantis rappelle plus de 375 000 véhicules hybrides rechargeables, principalement des Jeep Wrangler et Grand Cherokee, en raison de risques d’incendie liés à des défauts de batterie fournis par Samsung. L’entreprise recommande aux propriétaires de garer leurs véhicules à l’écart des habitations et d’éviter de les recharger en attendant une réparation.
- Stellantis rappelle 375 000 véhicules hybrides rechargeables dans le monde.
- Les batteries, fournies par Samsung, présentent un risque d’incendie, avec 19 cas recensés à ce jour.
- Les propriétaires sont invités à prendre des précautions immédiates pour minimiser les risques.
Le constructeur automobile franco-néerlandais-américain Stellantis est confronté à une nouvelle vague de problèmes avec ses véhicules électriques. Après avoir déjà procédé à des rappels en 2024 pour des défauts similaires, l’entreprise annonce le rappel de 375 000 véhicules hybrides rechargeables, dont environ 320 000 aux États-Unis, selon l’agence Reuters. Les modèles concernés sont les SUV Jeep Wrangler et Grand Cherokee fabriqués entre 2020 et 2025.
Ce rappel fait suite à 19 signalements d’incendies survenus dans les batteries de ces véhicules. Ces batteries sont produites par le géant coréen Samsung, un fournisseur majeur de l’industrie automobile. Neuf de ces incendies concernent des véhicules déjà réparés lors du précédent rappel en 2024, tandis que les dix autres proviennent de véhicules qui n’avaient pas été concernés par la première campagne. Stellantis suspecte un problème lié au logiciel de gestion de la recharge des batteries.
Dans un communiqué, Stellantis conseille aux propriétaires des véhicules concernés de se garer à l’écart des bâtiments et d’éviter de recharger leurs batteries jusqu’à ce qu’une solution définitive soit trouvée. Cette précaution vise à réduire au maximum le risque d’incendie. Les batteries lithium-ion, lorsqu’elles prennent feu, peuvent être difficiles à éteindre et dégagent des fumées toxiques, ce qui est d’autant plus préoccupant dans le cas des véhicules hybrides rechargeables qui disposent également d’un réservoir d’essence.
Cet incident met en lumière les défis liés à la sécurité des véhicules électriques et hybrides, ainsi qu’à la dépendance des constructeurs automobiles européens vis-à-vis des fournisseurs asiatiques pour les batteries. En effet, la production de batteries est actuellement dominée par la Chine, le Japon et la Corée du Sud, qui contrôlent 90 % du marché. Les constructeurs européens, habitués à produire leurs moteurs en interne, doivent désormais s’approvisionner auprès de tiers, ce qui les rend vulnérables aux problèmes de qualité et aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
Ce nouveau rappel s’ajoute aux difficultés rencontrées par Stellantis ces derniers mois. Il y a quelques semaines, l’entreprise avait déjà rappelé environ 300 000 véhicules Dodge aux États-Unis en raison d’un défaut de boîte de vitesses, et en septembre, 123 000 Jeep avaient été rappelées pour un risque de détachement de garnitures de vitres. De plus, Stellantis a récemment alerté les analystes financiers sur des charges exceptionnelles prévues au second semestre 2025, liées aux pressions réglementaires et aux conditions du marché, après avoir déjà enregistré 3,3 milliards d’euros de charges exceptionnelles au premier semestre.
En France, la situation est également préoccupante. Le syndicat Force ouvrière a révélé que l’usine Peugeot de Poissy, après quatre-vingts ans d’activité, fermera ses portes en 2028, entraînant le chômage d’environ 2 000 salariés. Selon Antonio Filosa, PDG de Stellantis, la production automobile cessera à Poissy une fois le cycle de production du modèle Opel Mokka achevé. Cette fermeture marque la fin de la production automobile en Île-de-France.
