Publié le 24 novembre 2025 à 04h00. L’ancien maire de Bogotá, Enrique Peñalosa, se présente à la présidentielle colombienne, se positionnant comme un rempart face à une dérive qu’il qualifie de « néocommuniste » et appelant à un retour aux principes d’une économie de marché.
- Enrique Peñalosa se présente comme le candidat capable de redresser la Colombie après des années de gestion technocratique.
- Il dénonce une menace de nationalisation radicale incarnée, selon lui, par Gustavo Petro, Iván Cepeda et un ancien chef guérillero connu sous le nom de « Mordisco ».
- Peñalosa critique également Abelardo de la Espriella, estimant que son parcours professionnel ne correspond pas aux exigences de la présidence.
Enrique Peñalosa, ancien maire de Bogotá (1998-2000 et 2016-2019), estime que l’heure est grave pour la Colombie. Il se présente comme un candidat sérieux, fort d’une expérience de gestion éprouvée et d’une popularité croissante sur l’ensemble du territoire. Selon une enquête récente du Centre National de Conseil, il figure parmi les quatre candidats les plus appréciés, avec un taux d’image positive supérieur de 10 points à celui d’Abelardo de la Espriella.
« Les gens m’accueillent avec une affection impressionnante dans tous les coins de la Colombie, à Turbo, à Buenaventura, à Pasto, à Ibagué, dans les rues, à tous les niveaux socio-économiques », a-t-il déclaré. Cependant, il reconnaît que beaucoup le considèrent comme un candidat peu susceptible de gagner. « Les gens disent : ‘Peñalosa serait le meilleur, mais il ne va pas gagner’… », a-t-il admis avec un sourire.
Peñalosa insiste sur la nécessité d’un filtre pour identifier les candidats réellement efficaces. « Nous ne choisissons pas le candidat le plus intelligent, ni celui qui parle le mieux ou le plus joli, mais une caractéristique fondamentale est la reconnaissance », a-t-il affirmé. Il nuance toutefois cette affirmation : « Non, je ne dis pas que c’est connu. Il s’agit de filtrer quels candidats sont efficaces. Il y a quelques bons candidats, et il y en a des moyens et des mauvais. »
Pour Peñalosa, cette élection est un moment charnière. Il y voit un choix fondamental entre deux visions : celle d’une économie de marché et celle d’une nationalisation extrême. Il critique vivement la politique de Gustavo Petro, qu’il accuse de vouloir remettre en question les principes fondamentaux de l’économie colombienne. « Petro détruit sa santé parce que la participation privée à l’EPS le gêne ; Il a mis fin à Icetex parce qu’il en avait assez du fait qu’ils financent l’enseignement privé ; Cela perturbe les projets de concessions routières ou les PPP… », a-t-il dénoncé.
Il établit un parallèle troublant entre Petro, Iván Cepeda et un ancien chef guérillero connu sous le nom de « Mordisco ». « Tous trois ont justifié la guérilla à un moment de leur vie », explique-t-il. Il les accuse de partager une rhétorique populiste qui divise la société et justifie la violence.
« Même si cela peut paraître exagéré, « Mordisco », Petro et Cepeda représentent dans une large mesure la même chose. Tous trois ont justifié la guérilla à un moment de leur vie. »
Enrique Peñalosa, candidat à la présidence
Peñalosa critique également Abelardo de la Espriella, qu’il juge incompétent pour diriger le pays. « Que le CV d’un président potentiel soit d’avoir consacré sa vie à travailler pour ceux qui ont fait du mal à la Colombie et aux Colombiens… eh bien, je le répète, je ne remets pas en question la légalité des actions d’Abelardo, mais je crois que ce n’est pas le CV dont un président de Colombie a besoin », a-t-il déclaré.
Sur la question de la sécurité, Peñalosa se présente comme un homme d’action, capable de prendre des décisions difficiles. Il rappelle son expérience à la mairie de Bogotá, où il a mené des opérations de démantèlement de zones contrôlées par des groupes criminels. « J’ai fait face à des choses difficiles. En termes de sécurité, par exemple, j’ai démoli le Cartucho et le Bronx… », a-t-il affirmé.
Il se montre préoccupé par la situation sécuritaire actuelle en Colombie, qu’il décrit comme une guerre. « Les groupes armés illégaux ont bien réussi sous ce gouvernement », a-t-il déclaré. Il estime qu’il est impératif de renforcer les forces armées et de gagner cette guerre.
Peñalosa espère obtenir le soutien de partis politiques comme Cambio Radical ou le Parti libéral, notamment en vue d’une éventuelle consultation. « Il existe de nombreux partis, mais aucun n’a une représentation aussi importante que le Parti libéral, ni n’a un leader aussi important que Germán Vargas », a-t-il souligné.
Peñalosa a été maire de Bogota à deux reprises, pour les périodes 1998-2000 et 2016-2019. Photo:Enrique Peñalosa Presse
Le pré-candidat Peñalosa lors de certaines tournées qu’il a entreprises pour se rapprocher de la communauté. Photo:Enrique Peñalosa Presse
MARIA ISABEL RUEDA
Spécial pour EL TIEMPO
