Publié le 9 janvier 2026 15:01:00. La croissance de l’emploi aux États-Unis a ralenti de manière significative en décembre, soulevant des inquiétudes quant à la vigueur de l’économie américaine malgré une conjoncture globalement favorable. Ce ralentissement intervient dans un contexte de politique tarifaire agressive menée par l’administration Trump.
- La création d’emplois a atteint un niveau historiquement bas pour un mois de décembre, à l’exception de la période de la pandémie.
- Le taux de chômage a légèrement diminué à 4,4 %, mais sa tendance à la hausse récente inquiète la Réserve fédérale.
- Les droits de douane imposés par l’administration Trump pèsent sur les entreprises américaines et pourraient expliquer une partie du ralentissement économique.
Avec seulement 50 000 nouveaux emplois créés en décembre, le marché du travail américain affiche un ralentissement marqué. Ce chiffre, publié ce vendredi par le Bureau of Labor Statistics, est inférieur aux prévisions des analystes, qui tablaient sur environ 70 000 créations d’emplois. Si l’on exclut l’année 2020, marquée par la pandémie de Covid-19, il s’agit du plus faible nombre d’emplois créés en un seul mois de décembre depuis au moins une décennie.
Paradoxalement, le taux de chômage a reculé de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 4,4 %. Bien que ce taux reste historiquement bas, sa progression au cours des derniers mois – une augmentation de quatre dixièmes de point depuis janvier – avait déjà suscité des préoccupations au sein de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les données de décembre devraient donc permettre aux responsables de la banque centrale de maintenir leur position prudente et de reporter toute baisse de taux d’intérêt dans un avenir proche.
Sur l’ensemble de l’année 2025, l’économie américaine a créé 584 000 emplois, le chiffre le plus faible depuis 2003 (hors année de la pandémie), et bien en deçà des plus de 2,012 millions d’embauches enregistrées en 2024. Cette évolution confirme un ralentissement progressif du marché du travail.
L’agence dépendant du ministère du Travail souligne que les secteurs des services de restauration, des soins de santé et des services sociaux continuent de créer des emplois, tandis que le commerce de détail a enregistré des pertes. Cette contraction de l’emploi dans le commerce, un secteur clé de l’économie américaine, est particulièrement préoccupante pour les analystes.
L’économie américaine continue de bénéficier d’une croissance soutenue, en grande partie grâce aux investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA), qui propulsent le secteur technologique à des niveaux record en bourse et alimentent les craintes d’une nouvelle bulle spéculative. L’activité économique semble avoir résisté aux perturbations commerciales mondiales de cette année.
Le président Donald Trump a entamé son second mandat en janvier avec un programme économique axé sur le protectionnisme. Quelques mois après son entrée en fonction, en avril, il a approuvé une série de droits de douane s’appliquant à l’ensemble des importations, avec des taux variant entre 10 et 50 %. Ces mesures ont affecté des milliers d’entreprises, tant aux États-Unis qu’à l’étranger.
Les droits de douane ont entraîné une augmentation des coûts pour de nombreuses petites et moyennes entreprises américaines qui s’approvisionnent en produits à l’étranger, que ce soit pour la revente ou pour la production industrielle.
En décembre, le secteur de la restauration a créé 27 000 emplois, tandis que le secteur de la santé, l’un des principaux moteurs de l’emploi ces derniers trimestres, a ajouté 21 000 postes. En revanche, le commerce de détail a perdu 25 000 emplois, notamment dans les entrepôts, les grands centres commerciaux et les magasins d’alimentation. Ces chiffres pourraient signaler un changement dans les habitudes de consommation.
L’évolution de l’emploi dans le secteur public est également à surveiller. L’emploi dans la fonction publique fédérale est resté stable en décembre, mais a diminué de 277 000 postes, soit 9,2 %, depuis janvier. Cette réduction est en partie due au plan de réduction des dépenses de l’administration Trump, baptisé DOGE, et mis en œuvre avec l’aide d’Elon Musk, fondateur de Tesla, qui a procédé à des suppressions d’emplois massives et proposé des départs volontaires.
Les données de décembre intègrent également une révision des statistiques d’octobre et de novembre, qui avaient été affectées par la fermeture partielle du gouvernement, due à l’impasse budgétaire entre Républicains et Démocrates. Pendant huit semaines, des dizaines d’agences gouvernementales ont été fermées, perturbant la collecte de données. La révision révèle que 76 000 emplois de moins ont été créés en octobre et novembre que ce qui avait été initialement annoncé.
L’agence pour l’emploi précise que les taux de chômage des différents groupes de population sont restés relativement stables en décembre : 3,9 % pour les hommes adultes et les femmes adultes, 15,7 % pour les adolescents, 3,8 % pour les Blancs, 7,5 % pour les Noirs, 3,6 % pour les Asiatiques et 4,9 % pour les Hispaniques.
