Publié le 18 décembre 2025 à 03h43. Une comète interstellaire, la 3I/ATLAS, se rapprochera de la Terre le 19 décembre, offrant aux scientifiques une occasion unique d’étudier un objet venu de l’extérieur de notre système solaire.
- La comète 3I/ATLAS, découverte en 2025, est seulement le troisième objet interstellaire jamais observé.
- Elle se déplace à une vitesse impressionnante d’environ 246 000 kilomètres par heure (153 000 miles par heure).
- Son approche la plus proche de la Terre aura lieu le 19 décembre, à une distance d’environ 270 millions de kilomètres (1,8 fois la distance Terre-Soleil).
La comète 3I/ATLAS suscite l’intérêt de la communauté scientifique en raison de son origine lointaine. Elle provient de l’espace interstellaire, ce qui en fait un objet rare et précieux pour la recherche. Avant elle, seules deux autres comètes interstellaires avaient été identifiées : 1I/ʻOumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019.
Selon la NASA, la vitesse et la trajectoire de 3I/ATLAS indiquent qu’elle est liée à la gravité du Soleil, mais qu’elle ne fait que traverser notre système solaire. Elle ne représente aucun danger de collision avec la Terre, sa distance au plus proche étant considérable.
La trajectoire de cet objet interstellaire, selon l’Agence spatiale européenne (ESA), suggère qu’il quittera bientôt notre système solaire et ne reviendra jamais. Pendant son passage, 3I/ATLAS sera l’objet de toutes les attentions, grâce aux instruments d’observation les plus performants développés par l’humanité.
La comète a été découverte le 1er juillet 2025 par le télescope d’enquête ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) situé à Río Hurtado, au Chili, et signalée au Centre des petites planètes ce jour-là, selon la NASA. Les astronomes estiment que le diamètre de son noyau se situe entre 440 mètres et 5,6 kilomètres, sur la base d’observations réalisées avec le télescope spatial Hubble.
Le 3 octobre, la comète s’est approchée de Mars à 29 millions de kilomètres, d’après l’ESA. Le 29 octobre, elle a franchi son point le plus proche du Soleil, à environ 203 millions de kilomètres. Début novembre, la mission Jupiter Icy Moons Explorer de l’ESA (Juice) a pu capturer des images de la comète alors qu’elle passait près du Soleil, se trouvant à environ 66 millions de kilomètres.
Les observations menées jusqu’à présent ont permis d’identifier une trajectoire excluant tout risque pour les planètes de notre système solaire, tout en offrant des informations sur la composition possible de la comète et la taille de son noyau. Hubble a notamment capturé un nuage de poussière éjecté du côté de la comète chauffé par le Soleil, ainsi qu’une faible queue de poussière s’éloignant de son noyau, un phénomène typique des comètes de notre système solaire.
Les images capturées par le télescope spatial James Webb ont révélé la libération de dioxyde de carbone, d’eau, de monoxyde de carbone, de sulfure de carbonyle et de glace à mesure que la comète s’approche du Soleil.
Une nouvelle image capturée par la mission Juice de l’ESA montre la coma et ce qui semble être deux queues de la comète : une queue de plasma composée de gaz chargé électriquement et une queue de poussière composée de particules solides, comme l’a écrit Ashley Strickland de CNN.
L’ESA prévoit de publier davantage de données sur la composition de la comète dans son état le plus actif en février 2026, lors de son approche du Soleil. Tom Statler, scientifique principal des petits corps à la NASA, a commenté que 3I/ATLAS libère plus de dioxyde de carbone que d’eau et plus de nickel que de fer, par rapport aux comètes de notre système solaire, ce qui fait l’objet d’études approfondies.
La nature interstellaire de l’objet a suscité des spéculations, allant jusqu’à l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un vaisseau spatial extraterrestre ou d’une technologie d’origine inconnue. Cependant, les responsables de la NASA ont rejeté ces rumeurs.
« Elle ressemble et se comporte comme une comète, et toutes les preuves indiquent qu’il s’agit bien d’une comète », a déclaré Amit Kshatriya, administrateur associé de la NASA, en novembre.
Amit Kshatriya, administrateur associé de la NASA
L’étude de 3I/ATLAS offre une occasion unique de mieux comprendre l’origine des corps interstellaires et l’astrobiologie. Comme l’écrit l’astronome chilienne María Teresa Ruiz dans son livre Les enfants des étoiles : « Nous sommes la première génération de notre espèce à connaître son histoire cosmique ». Les énigmes que résoudra 3I/ATLAS ne seront qu’une brève page de cette histoire cosmique.
On estime que 3I/ATLAS restera visible aux télescopes jusqu’en septembre 2026.
