Publié le 12 décembre 2025 à 04:53:00. Le parti libéral canadien, au pouvoir, se rapproche d’une majorité absolue à la Chambre des communes après la défection d’un député conservateur, affaiblissant par la même occasion la position du chef conservateur Pierre Poilievre.
- Le député conservateur Michael Ma a annoncé son ralliement au parti libéral du Premier ministre Mark Carney.
- Cette défection porte à un siège près le nombre de députés nécessaires pour assurer une majorité libérale.
- Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur, fait face à une remise en question de son leadership en janvier.
Ottawa – Le paysage politique canadien a connu un revirement inattendu jeudi avec l’annonce du député conservateur Michael Ma qu’il rejoignait les rangs du parti libéral dirigé par Mark Carney. Cette décision stratégique place les libéraux à portée d’une majorité simple à la Chambre des communes, leur permettant potentiellement d’adopter des lois sans avoir besoin du soutien des partis d’opposition.
Michael Ma, représentant de la circonscription de Markham-Unionville, a justifié son choix en affirmant vouloir privilégier les solutions plutôt que les divisions.
« J’ai conclu que le Premier ministre Mark Carney propose l’approche constante et pragmatique dont nous avons besoin pour répondre aux priorités que j’entends chaque jour en allant à la rencontre des citoyens de Markham-Unionville. »
Michael Ma, député
L’accueil réservé à M. Ma par le Premier ministre Carney lors de la fête de Noël du Parti libéral a été chaleureux. Carney a d’ailleurs plaisanté sur le fait que M. Ma trouverait plus d’esprit festif parmi les libéraux que chez leurs adversaires.
« Vous passerez un bien meilleur moment en passant Noël avec nous qu’avec les Kranks. Nous sommes tous tournés vers le Père Noël, pas vers le Grinch. »
Mark Carney, Premier ministre
Cette défection représente un coup dur pour Pierre Poilievre, dont le leadership est déjà contesté au sein du Parti conservateur. Un vote de révision de son leadership est prévu en janvier. M. Poilievre avait perdu les dernières élections en avril et avait même temporairement perdu son siège à la Chambre des communes, avant de le récupérer par la suite. Il a réagi en dénonçant le choix de M. Ma, l’accusant de trahir les électeurs de Markham-Unionville qui l’avaient élu pour s’opposer aux dépenses libérales.
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, M. Poilievre a déclaré :
« Michael Ma a été élu conservateur par les électeurs de Markham-Unionville pour lutter contre les dépenses inflationnistes des libéraux qui font augmenter le coût de la vie dans sa communauté. Aujourd’hui, il a choisi de soutenir les politiques mêmes contre lesquelles il avait été élu. »
Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur
M. Poilievre a déjà perdu deux autres députés conservateurs ces dernières semaines, et un troisième envisage également de changer de camp. Cette série de défections intervient alors que M. Poilievre était auparavant considéré comme un candidat sérieux pour devenir le prochain Premier ministre du Canada. Cependant, les tensions commerciales croissantes avec les États-Unis, notamment les menaces du président Donald Trump de faire du Canada le 51e État, ont compliqué le contexte politique.
Depuis son accession au poste de Premier ministre en remplacement de Justin Trudeau, Mark Carney a recentré le Parti libéral, ce qui semble attirer des députés auparavant alignés sur la droite du spectre politique. Selon Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill de Montréal, la situation est préoccupante pour les conservateurs.
« Deux changements d’étage en si peu de temps, c’est rare, et d’autres défections sont toujours possibles, donc l’establishment conservateur doit être extrêmement nerveux en ce moment. »
Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l’Université McGill
Si un autre député conservateur rejoignait les libéraux, ceux-ci obtiendraient une majorité absolue, ce qui pourrait retarder considérablement la tenue de nouvelles élections fédérales et donner aux opposants de M. Poilievre au sein du Parti conservateur du Canada le temps de s’organiser.
