Publié le 26 septembre 2023. Sanae Takaichi, figure conservatrice du Parti libéral-démocrate (PLD) japonais, a été élue à la tête du parti, ouvrant la voie à une possible nomination comme première femme Premier ministre du Japon, alors que le gouvernement est confronté à des défis économiques et diplomatiques.
- Sanae Takaichi a été choisie pour diriger le PLD, un parti fragilisé par des scandales récents.
- Son positionnement idéologique, très à droite, pourrait mettre en péril la coalition gouvernementale avec le parti Komeito.
- Elle devra gérer la crise du coût de la vie et préparer un sommet avec l’ancien président américain Donald Trump.
L’élection de Sanae Takaichi, 64 ans, intervient à un moment délicat pour le PLD, ébranlé par des révélations sur des financements illégaux et une baisse de popularité. Ancienne ministre de la Sécurité économique, elle est une fervente admiratrice de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe et défend une vision nationaliste et conservatrice de l’histoire du Japon.
Son programme, jugé ultra-conservateur, pourrait compromettre l’alliance de longue date du PLD avec le Komeito, un parti centriste modéré. Les divergences portent notamment sur les visites régulières de Mme Takaichi au sanctuaire Yasukuni, un lieu de culte controversé honorant les soldats japonais morts au combat, y compris des criminels de guerre, et sur sa politique plus stricte en matière d’immigration. Le chef du Komeito, Tetsuo Saito, a exprimé de « grandes inquiétudes » et a menacé de quitter la coalition si ces positions n’évoluent pas.
Le Parlement japonais devrait se réunir mi-octobre pour officialiser la nomination du nouveau Premier ministre. Bien que le PLD ne dispose plus de la majorité absolue à la Chambre des représentants, sa position de premier parti et la fragmentation de l’opposition lui confèrent un avantage certain. Mme Takaichi devra rapidement s’attaquer à la hausse des prix et à la détérioration du pouvoir d’achat des Japonais, un sujet de préoccupation majeur pour l’opinion publique.
Un autre défi majeur l’attend avec la préparation d’une possible rencontre avec Donald Trump, dans le cadre d’un sommet international prévu à la fin du mois. L’ancien président américain a déjà salué son élection sur son réseau social X, la qualifiant de « première femme Premier ministre » et la louant pour sa « sagesse et sa force ». Mme Takaichi a répondu sur X, exprimant son souhait de renforcer l’alliance américano-japonaise et de promouvoir une région Indo-Pacifique libre et ouverte.
Lors de sa première conférence de presse en tant que chef du PLD, Sanae Takaichi a réaffirmé son engagement à consolider l’alliance avec les États-Unis et à développer des partenariats trilatéraux avec des pays comme la Corée du Sud, l’Australie et les Philippines. Elle a également promis de respecter les accords commerciaux et d’investissement conclus par le gouvernement actuel avec l’administration Trump.
Pour assurer la stabilité de son gouvernement, Mme Takaichi devra obtenir le soutien de partis d’opposition. Cependant, les négociations s’annoncent difficiles, le Komeito étant sur le point de quitter la coalition. Des observateurs politiques notent que Mme Takaichi a déjà commencé à récompenser ses partisans en leur confiant des postes clés au sein du parti, notamment grâce à l’influence de l’ancien Premier ministre Taro Aso, un conservateur qui l’a soutenue lors du vote interne.
Elle envisage également de nommer d’anciens législateurs de la faction Abe, impliqués dans des scandales financiers, à des postes de responsabilité, une décision qui suscite de vives critiques de la part de l’opposition. Yoshihiko Noda, chef du Parti démocrate constitutionnel, a dénoncé cette idée comme étant « totalement impensable ».
Les nominations précoces révèlent l’influence de Taro Aso et la volonté de Sanae Takaichi de récompenser ses soutiens. Shinjiro Koizumi, qui avait perdu face à Takaichi, avait été ouvertement approché par le parti Japan Innovation Party pour une éventuelle coalition, mais cette option semble désormais compromise.
