Publié le 16 octobre 2024. Une étude nationale révèle que la pandémie de COVID-19 a eu un impact significatif sur la mortalité hospitalière et l’utilisation des ressources de santé, particulièrement chez les patients atteints du virus, sans affecter de manière notable les patients souffrant d’autres affections.
- La mortalité hospitalière a augmenté de 0,3553 % par mois chez les patients COVID-19 pendant la pandémie.
- Les patients atteints de COVID-19 ont vu la durée de leur séjour à l’hôpital s’allonger et ont été plus souvent transférés vers des établissements de soins de suite et de réadaptation.
- Le taux de réadmission à l’hôpital dans les 30 jours suivant la sortie a diminué chez les patients COVID-19.
La pandémie de COVID-19 a exercé une pression considérable sur les systèmes de santé du monde entier. En Suisse, cette crise sanitaire a soulevé des questions cruciales quant à son impact sur la capacité des hôpitaux à répondre aux besoins de tous les patients, qu’ils soient atteints ou non du virus. Une étude récente a cherché à quantifier ces effets en analysant les données hospitalières sur une période de quatre ans.
Les chercheurs ont analysé les données de remboursement des soins pour plus de 1,5 million de patients hospitalisés entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2021. Ils ont comparé les tendances observées avant la pandémie (janvier 2018 à décembre 2019) et pendant la pandémie (janvier 2020 à décembre 2021), en distinguant les patients atteints de COVID-19 d’un groupe témoin. Pour établir une base de comparaison solide, les patients du groupe témoin ont été affectés aléatoirement avant la pandémie.
Les résultats de l’étude montrent qu’avant la pandémie, il n’y avait pas de variation significative de la mortalité hospitalière moyenne, que ce soit dans le groupe témoin ou dans le groupe d’exposition. Cependant, pendant la pandémie, la situation a radicalement changé pour les patients atteints de COVID-19. La mortalité hospitalière a augmenté de 0,3553 % par mois (intervalle de confiance à 95 % : 0,3546-0,3560 ; p < 0,001). En revanche, la mortalité est restée stable dans le groupe témoin (-0,0277 % par mois).
L’étude a également révélé que les patients atteints de COVID-19 ont passé plus de temps à l’hôpital et ont été plus susceptibles d’être transférés dans des établissements de soins de suite et de réadaptation après leur séjour initial. Paradoxalement, le taux de réadmission à l’hôpital dans les 30 jours suivant la sortie a diminué pour cette même population. Aucune différence significative n’a été observée dans le groupe témoin concernant la durée du séjour, les transferts ou les réadmissions.
En conclusion, cette étude met en évidence une association claire entre la pandémie de COVID-19 et une utilisation accrue des ressources hospitalières chez les patients atteints du virus, se traduisant par une mortalité plus élevée, des séjours plus longs et des transferts plus fréquents vers des établissements de soins spécialisés. Les auteurs soulignent que ces effets n’ont pas été observés chez les patients non atteints de COVID-19, ce qui suggère que la pandémie a eu un impact disproportionné sur cette population.
