Publié le 10 octobre 2025 05:23:00. Les difficultés de Ferrari en Formule 1 s’étendent désormais aux marchés financiers, avec une chute spectaculaire de ses actions après une révision de sa stratégie d’électrification et de ses prévisions de revenus.
- L’action Ferrari cotée à Milan a plongé de près de 15 % dans les échanges matinaux.
- La société a revu à la baisse ses prévisions de revenus nets pour 2025, les estimant désormais à au moins 7,1 milliards d’euros (10,7 milliards de dollars américains).
- Ferrari ajuste également ses objectifs de production, prévoyant que 40 % de ses véhicules seront à combustion interne, 40 % hybrides et 20 % entièrement électriques d’ici 2030.
La nouvelle a provoqué une réaction négative des investisseurs, illustrant une tendance plus large de réévaluation des stratégies d’électrification dans l’industrie automobile. Ferrari avait annoncé ces changements lors de sa journée dédiée aux marchés de capitaux, expliquant que cette réorientation tenait compte des demandes des clients, de l’état actuel du marché et des perspectives d’évolution.
Parallèlement à cette annonce, le constructeur de Maranello a dévoilé le châssis et le groupe motopropulseur de son premier modèle électrique, baptisé “elettrica”. La voiture devrait être livrée à partir de fin 2026, avec un lancement officiel prévu l’année prochaine. Le président exécutif de Ferrari, John Elkann, a déclaré :
« Avec la nouvelle Ferrari elettrica, nous affirmons une fois de plus notre volonté de progresser en unissant la discipline de la technologie, la créativité du design et l’artisanat de la fabrication. »
John Elkann, président exécutif de Ferrari
Ce revirement stratégique n’est pas isolé. D’autres constructeurs automobiles, comme Volvo, ont récemment ajusté leurs plans d’électrification, reconnaissant la nécessité d’une approche plus flexible face aux fluctuations du marché. Volvo avait abandonné son objectif initial de vendre uniquement des véhicules électriques d’ici 2030, invoquant la nécessité d’être « pragmatique et flexible ».
Malgré ce contexte difficile, Ferrari affiche une base de clientèle en croissance, avec 90 000 clients actifs, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2022. La société prévoit de lancer en moyenne quatre nouveaux modèles chaque année entre 2026 et 2030, assurant ainsi le renouvellement de son offre.
Les analystes de JPMorgan restent optimistes quant aux perspectives de Ferrari, soulignant la forte demande qui dépasse actuellement l’offre. Ils ont déclaré :
« Nous avons une grande confiance dans la capacité de la direction à exécuter son plan à long terme étant donné les preuves évidentes que la demande dépasse actuellement de loin l’offre. »
Ils mettent également en avant le leadership du PDG Benedetto Vigna, qui encourage la collaboration et l’innovation, et anticipent un impact positif du lancement prochain d’une supercar.
