Publié le 27 décembre 2025 à 16h08. Le maire de Cebu, Nestor Archival, a démenti toute implication dans le dépôt de plusieurs plaintes pour diffamation en ligne contre un conseiller municipal, au cœur d’un conflit concernant un marché nocturne local.
- Le maire Archival nie être à l’origine des plaintes pour cyberdiffamation déposées contre le conseiller Alcover Jr.
- Les plaintes ont été initiées par un homme d’affaires, Ibrahim « Mark » Ala Dianalan Jr., exploitant du marché nocturne de la rue Colon.
- Le maire défend la légalité du marché nocturne et affirme que son administration a respecté les procédures en vigueur.
Nestor Archival a fermement nié toute responsabilité dans les accusations portées contre le conseiller pasteur Alcover Jr. Ces accusations, au nombre de douze, concernent des faits de cyberdiffamation. Le maire a insisté sur le fait qu’il n’était pas à l’origine de cette action en justice, qui découle d’un différend portant sur le marché nocturne de la rue Colon.
« Si j’avais été personnellement lésé, j’aurais déposé plainte moi-même », a déclaré le maire lors d’une interview, en réponse aux allégations du camp d’Alcover qui le présentent comme l’instigateur de ces plaintes. Les plaintes ont été déposées dans la ville de Marawi par Ibrahim « Mark » Ala Dianalan Jr., l’organisateur et exploitant du marché nocturne de Colon.
Archival a souligné qu’il n’était ni le plaignant, ni lié au dépôt des plaintes. Il a ajouté qu’il aurait agi directement en cas de diffamation, sans recourir à un tiers :
« Ako kung naa koy affaire de diffamation, diretso ko niya. Dili nako kinahanglan lain tawo. C’est moi qui porterai plainte (si j’avais une affaire de diffamation, je la porterais directement contre lui. Je n’ai pas besoin d’une autre personne. C’est moi qui déposerai cette plainte) »
Nestor Archival, maire de Cebu
Il ressort que les plaintes pour cyberdiffamation ont été initiées par Dianalan en sa qualité d’homme d’affaires privé, et non par la ville de Cebu ou son administration. Le maire a insisté sur le fait que les actions en justice intentées par des particuliers doivent être considérées indépendamment des désaccords politiques.
Par ailleurs, le maire a défendu la légalité du marché nocturne de Colon, affirmant qu’il fonctionnait avec les autorisations nécessaires de la ville. Il a notamment cité la résolution du conseil municipal 17-0588-2025, qui autorisait la fermeture temporaire de la rue Colon pour accueillir le marché nocturne, et a affirmé que la ville avait suivi les procédures établies.
Cette controverse a pris de l’ampleur après le dépôt des douze chefs d’accusation de cyberdiffamation contre Alcover devant les procureurs de la ville de Marawi, dans la province de Lanao del Sur. Selon la déclaration sous serment de Dianalan, il est un homme d’affaires ayant des intérêts à Marawi et dans la région métropolitaine de Cebu, et le président de l’Association participative de Sugbo Vendors Inc. (Pasvi), l’organisation qui gère le marché nocturne de Colon.
Les plaintes accusent Alcover d’avoir publié en ligne des déclarations fausses et diffamatoires via des comptes Facebook, notamment « Jun Alcover » et « Jun Amigo ». Dianalan affirme que ces publications ont remis en question sa capacité à gérer le marché nocturne et ont porté atteinte à sa réputation et à ses intérêts commerciaux. Le contenu en ligne a été signalé à l’unité régionale de lutte contre la cybercriminalité 7 de la police et a été conservé comme preuve.
Les documents demandent des poursuites contre Alcover en vertu de la loi sur la prévention de la cybercriminalité. Alcover s’est interrogé sur le choix de la ville de Marawi pour le dépôt des plaintes, étant donné que le litige concerne un projet local. Il a également dénoncé ces plaintes comme une forme de harcèlement lié à son rôle de fiscalisateur et de membre du bloc minoritaire au conseil municipal.
Ces poursuites pour cyberdiffamation s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions juridiques et politiques entre Alcover et l’administration municipale. Auparavant, Alcover avait déposé des plaintes pénales et administratives auprès du Bureau du Médiateur des Visayas pour demander la suspension préventive d’Archival, suite à des allégations d’exploitation illégale du marché nocturne de la rue Colon. La trésorière de la ville, Emma Villarete, et l’administrateur municipal, Albert Tan, ont également été désignés comme défendeurs dans ces plaintes. L’affaire est toujours en cours, mais le maire Archival a réaffirmé que son administration a agi dans le respect de la loi et qu’elle se tient à la disposition des autorités compétentes pour un examen approfondi, plutôt que de céder aux spéculations publiques.
KAISER JAN FUENTES
