Publié le 2024-10-27 10:32:00. Une équipe de chercheurs espagnols a identifié une protéine, Zc3h13, dont l’absence favorise la propagation des cellules cancéreuses en modifiant la lecture de l’ARN messager, ouvrant ainsi de nouvelles pistes thérapeutiques potentielles.
- La perte de la protéine Zc3h13 entraîne une diminution de la méthylation de m6A, un processus essentiel à la régulation de l’expression des gènes.
- Cette modification favorise l’invasion et la migration des cellules tumorales, contribuant à la formation de métastases.
- Des médicaments déjà approuvés pour d’autres maladies pourraient être réutilisés pour contrer les effets de la perte de Zc3h13.
Une étude menée par le Centre de Recherche sur le Cancer de Salamanque (CIC), affilié au Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique (CSIC) et à l’Université de Salamanque (USAL), révèle un mécanisme clé dans la progression du cancer. Les chercheurs ont découvert que l’absence de la protéine Zc3h13 perturbe un processus crucial appelé méthylation de m6A, une modification chimique de l’ARN messager qui influence la production de protéines.
Plus précisément, Zc3h13 participe à un complexe cellulaire responsable de l’ajout de petites marques à l’ARN messager, les instructions génétiques copiées de l’ADN. Lorsque cette protéine est absente, la méthylation de m6A diminue sur certains ARN messagers, les rendant plus stables et augmentant leur expression. Parmi ces ARN messagers, celui codant pour la protéine MYB joue un rôle déterminant : MYB est responsable de la mobilité des cellules cancéreuses, leur permettant d’infiltrer d’autres tissus et de former des métastases.
L’étude, publiée dans la revue Cancer Research, a également révélé que la perte de Zc3h13 est souvent associée à la perte d’autres gènes suppresseurs de tumeurs, tels que RB1 et BRCA2. Cette observation a été faite après l’analyse d’échantillons provenant de patients atteints de cancers avancés de la prostate, de la vessie, de l’utérus, du col de l’utérus et du foie (carcinome hépatocellulaire).
Forts de ces résultats, les chercheurs ont exploré la possibilité de réutiliser des médicaments existants. Ils ont validé l’efficacité d’inhibiteurs déjà approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) américaine, bloquant les enzymes qui suppriment la méthylation de m6A, dans des modèles précliniques cellulaires, ainsi que sur des modèles animaux (souris, poulets). L’objectif est de restaurer la fonction de Zc3h13 ou d’augmenter les niveaux de méthylation de m6A pour freiner la progression du cancer.
L’analyse du gène Zc3h13 et de son mécanisme a été initialement réalisée sur des échantillons de patients atteints d’un cancer de la prostate avancé. La mutation de Zc3h13 a ensuite été confirmée dans d’autres types de cancer, notamment le cancer de la vessie, le cancer épidermoïde du col de l’utérus, le carcinome hépatocellulaire et le cancer de l’utérus, suggérant que ces découvertes pourraient avoir des implications cliniques plus larges.
