Publié le 6 octobre 2025 à 10h09. Un astéroïde de la taille d’un canapé est passé à seulement 400 kilomètres de la Terre, à la même altitude que la Station spatiale internationale, sans être détecté avant plusieurs heures. Cet incident soulève des questions sur la capacité actuelle à surveiller les objets géocroiseurs.
- Un astéroïde de 1,2 à 2,7 mètres de diamètre a frôlé la Terre le 1er octobre 2025.
- Les astronomes n’ont découvert l’astéroïde qu’après son passage le plus proche.
- Un objet interstellaire, 3i/Atlas, suscite l’intérêt des scientifiques, certains évoquant même une possible origine artificielle.
Un astéroïde, désigné 2025 TF, a survolé l’Antarctique le 1er octobre à une vitesse impressionnante de plus de 74 000 kilomètres par heure. Sa taille, comparable à celle d’un canapé, et sa proximité avec la Terre – environ 400 kilomètres au-dessus de la surface – en font un événement remarquable, d’autant plus qu’il est passé inaperçu pendant plusieurs heures. Selon la NASA, il s’agissait du deuxième passage le plus proche jamais enregistré, après celui de l’astéroïde VT4 en 2020, qui était passé à 370 kilomètres au-dessus du sol.
La découverte de 2025 TF a été effectuée le 1er octobre à 6h35 UTC par l’Observatoire Kitt Peak-Bok en Arizona, plusieurs heures après son passage le plus proche. Pour l’instant, la NASA reste silencieuse sur cet événement, sans communiqué de presse officiel ni information diffusée au grand public. Le Centre pour les objets proches de la Terre (CNEO) indique que l’astéroïde est passé à 6 780 kilomètres du centre de la Terre, soit environ 423 kilomètres au-dessus de la surface.
Les astronomes du Catalina Sky Survey Project ont confirmé que la trajectoire de l’astéroïde l’a mené directement au-dessus de l’Antarctique. Ces petits astéroïdes, comme 2025 TF, représentent un défi pour les scientifiques. Leur petite taille les rend difficiles à détecter avec les télescopes conventionnels, et ils peuvent facilement passer inaperçus jusqu’à ce qu’ils soient très proches de la Terre.
Un visiteur interstellaire intrigue la communauté scientifique
Parallèlement à cette découverte inattendue, les astronomes s’intéressent de près à un autre objet : 3i/Atlas, seul troisième visiteur interstellaire connu de notre système solaire. Cet objet mystérieux se déplace à une vitesse de plus de 66 kilomètres par seconde, une vitesse telle que le Soleil a du mal à le retenir. Cette vitesse inhabituelle a conduit le physicien de Harvard, Avi Loeb, à suggérer que 3i/Atlas pourrait ne pas être un objet naturel, mais un artefact artificiel, voire un « vaisseau mère » envoyé par une civilisation extraterrestre.
L’Agence spatiale européenne (ESA) prend cette possibilité au sérieux et prépare déjà une surveillance détaillée de 3i/Atlas à l’aide de sondes sur Mars et Jupiter. Elle cartographiera sa trajectoire à travers le système solaire. Le point d’approche le plus proche de 3i/Atlas avec la Terre est prévu pour le 30 octobre – une date qui n’a pas échappé à certains, à l’approche d’Halloween. Cependant, la NASA rassure le public :
« 3i/Atlas ne présente aucun risque pour la Terre et restera à une distance sûre. »
Malgré ces assurances, l’idée d’un objet inconnu provenant d’un autre système stellaire suscite l’inquiétude du public.
La NASA se veut rassurante, mais les chiffres sont préoccupants
Depuis janvier 2025, 118 astéroïdes se sont approchés de la Terre à moins de 384 000 kilomètres (la distance Terre-Lune). Seulement en septembre, 25 de ces astéroïdes ont été recensés. La plupart étaient de petite taille, mais leur nombre croissant est un signal d’alarme. La NASA affirme qu’il n’y a pas de menace majeure immédiate, mais reconnaît que les réseaux de télescopes se concentrent principalement sur les objets de plus grande taille. Les plus petits, qui pourraient causer des dégâts régionaux en cas d’impact, ne sont souvent détectés qu’après leur passage, comme ce fut le cas pour 2025 TF.
Les scientifiques s’efforcent d’améliorer la situation grâce à de nouveaux systèmes de surveillance automatisés et à des techniques de détection plus performantes. Ils détectent désormais des passages rapprochés similaires plusieurs fois par semaine. Cependant, une question demeure : que se passerait-il si le prochain objet à frôler la Terre n’était pas un simple astéroïde de deux mètres, mais un astéroïde de cent mètres de large en direction de notre planète ? L’incident impliquant 2025 TF, aussi petit et inoffensif soit-il, nous rappelle que même en 2025, des objets peuvent passer près de notre planète presque sans être détectés. Et cette perspective est véritablement inquiétante.
