Publié le 5 novembre 2025 à 21h04. Le premier débat télévisé entre les candidats à la présidence du Costa Rica, organisé par l’Université Nationale (UN), a mis en lumière des divergences notables sur des enjeux clés tels que l’environnement, la sécurité et l’accès aux soins de santé, à plus d’un an de l’élection de février 2026.
- Cinq candidats ont participé au débat, tandis que deux autres ont décliné l’invitation.
- L’accord d’Escazú a suscité des opinions partagées, Claudia Dobles étant la seule candidate à soutenir sa ratification.
- Les candidats ont également exposé leurs positions sur les zones franches et les mesures à prendre pour améliorer l’accès aux soins de santé.
Le recteur de l’UN, Jorge Herrera Murillo, a précisé que tous les candidats avaient été invités à participer au débat, tirage au sort à l’appui, mais que Laura Fernández, du parti Pueblo Soberano (PPSO), et Luis Amador Jiménez, du Parti de l’intégration nationale (PIN), avaient choisi de ne pas y assister. « L’Université nationale a procédé à un tirage au sort parmi tous les candidats, pour les différentes dates et a invité tout le monde. Dans le cas de Mme Laura Fernández, elle a refusé d’assister au débat d’aujourd’hui, mais nous ne pouvons pas reprogrammer les dates, car elles avaient déjà été définies au hasard », a-t-il expliqué.
Lors de cette première journée de débat, José Aguilar Berrocal (Avanza), Claudia Dobles (Coalition Citizen Agenda – CAC), Juan Carlos Hidalgo (Unité Sociale Chrétienne – PUSC), Boris Molina (Union Démocratique du Costa Rica – PUCD) et Fernando Zamora (Nouvelle Génération – PNG) ont échangé leurs points de vue sur des thématiques cruciales pour l’avenir du pays : l’environnement, la sécurité, l’éducation, la santé et le soutien au secteur agricole.
L’un des sujets les plus controversés a été l’accord d’Escazú, un traité international négocié au Costa Rica sur l’accès à l’information, la justice et la participation du public en matière environnementale en Amérique latine et dans les Caraïbes. En février 2023, l’Assemblée législative avait bloqué sa ratification, craignant que le mécanisme de participation citoyenne inclus dans le traité ne freine le développement économique. Seule Claudia Dobles s’est prononcée en faveur de sa ratification.
Les candidats ont également abordé la question des zones franches, s’accordant à refuser l’imposition de nouvelles taxes, en raison de l’incertitude économique liée au retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis et à sa politique commerciale. Ils ont plutôt suggéré d’améliorer la compétitivité de ces entreprises en allégeant leurs conditions d’exploitation.
En matière de sécurité, Fernando Zamora a proposé de déclarer l’état d’urgence, tandis que Claudia Dobles a souligné l’importance de combiner les mesures répressives avec des actions préventives dans les communautés les plus vulnérables. Boris Molina a plaidé pour l’unification de la police et une lutte accrue contre la consommation de drogues, affirmant que le Costa Rica était passé d’un pays de transit à un pays de consommation. Juan Carlos Hidalgo a quant à lui suggéré un accord de coopération policière avec l’Union européenne, notamment pour sécuriser le port de Moín. José Aguilar a proposé une loi sur la confiscation des biens mal acquis.
Le débat a également été marqué par des interruptions de manifestants réclamant le remboursement des fonds du régime de retraite complémentaire obligatoire (ROP). Boris Molina et Fernando Zamora ont exprimé leur soutien à cette revendication, malgré l’absence de discussion préalable sur ce sujet.
Concernant l’accès aux soins de santé, Fernando Zamora a proposé la création de plus de 250 équipes de soins de santé de base intégrale (Ébas). José Aguilar et Juan Carlos Hidalgo ont favorisé l’externalisation des centres de soins primaires. José Aguilar s’est également dit ouvert à l’idée de financer la Caisse costaricienne de sécurité sociale (CCSS) grâce aux revenus de l’exploitation de l’or et du gaz, à condition de minimiser l’impact environnemental. Claudia Dobles a insisté sur la nécessité de ne pas entraver les investissements de la CCSS, tandis que Boris Molina a critiqué l’externalisation des services de la CCSS et le non-paiement de la dette de l’État envers la Sécurité Sociale.
