Phnom Penh a réclamé samedi le retrait complet des troupes thaïlandaises de zones frontalières qu’elle considère comme cambodgiennes, relançant les tensions après un mois de trêve fragile suite à des affrontements meurtriers. Le différend territorial de longue date entre les deux pays d’Asie du Sud-Est a connu une escalade particulièrement violente en décembre dernier.
Dans un communiqué, le ministère cambodgien des Affaires étrangères a exigé que « l’ensemble du personnel militaire thaïlandais, ainsi que le matériel, soit retiré du territoire du Royaume du Cambodge vers des positions pleinement conformes à la frontière légalement établie ». Phnom Penh accuse également Bangkok de mener des « activités militaires hostiles » à l’intérieur du territoire cambodgien et demande qu’elles cessent immédiatement.
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, avait auparavant dénoncé ce qu’il qualifie d’« annexion illégale de territoires cambodgiens » par l’armée thaïlandaise, citant notamment le village de Chouk Chey. « L’armée thaïlandaise a entamé l’annexion illégale de territoires cambodgiens », avait-il affirmé.
Les affrontements, qui ont duré du 7 au 27 décembre, ont fait plus de 40 morts et ont forcé près d’un million de personnes à quitter leur foyer des deux côtés de la frontière, selon les autorités cambodgiennes. Le Cambodge affirme que la Thaïlande a pris le contrôle de plusieurs zones dans les provinces de Banteay Meanchey, Pursat, Preah Vihear et Oddar Meanchey « par la force ».
La Thaïlande conteste fermement ces accusations. Selon l’armée thaïlandaise, les zones en question ont toujours fait partie de son territoire. Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a déclaré vendredi, lors d’une visite dans la province de Surin pour soutenir les soldats déployés à la frontière, que « la Thaïlande n’a jamais porté atteinte à la souveraineté d’un autre pays et a agi conformément aux règles internationales ».
Ce différend frontalier, qui remonte à plusieurs années, a déjà dégénéré à plusieurs reprises en affrontements militaires au cours de l’année 2025. La trêve conclue il y a une semaine avait apporté un bref répit, mais la demande de Phnom Penh indique que la situation reste extrêmement tendue.
Chiffres clés
- Nombre de morts (7-27 décembre) : plus de 40
- Nombre de personnes déplacées : près de 1 500 000
Contexte
Le différend frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande est lié à la délimitation de zones contestées, notamment autour du temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Des tensions similaires ont éclaté par le passé, mais les affrontements de décembre ont été parmi les plus violents depuis des années.
Ce qui change
La demande de retrait des troupes thaïlandaises pourrait entraîner une nouvelle escalade des tensions et compromettre la stabilité régionale. Les populations frontalières, déjà affectées par les récents combats, pourraient être à nouveau confrontées à des déplacements et à des difficultés humanitaires.
Prochaines étapes
Il sera crucial de suivre de près les réactions de la Thaïlande à la demande cambodgienne et d’observer si des négociations diplomatiques seront engagées pour résoudre le différend. La communauté internationale pourrait également jouer un rôle de médiation pour éviter une nouvelle flambée de violence.
