Publié le 8 janvier 2026 à 13h10. Un militaire de la marine indonésienne et cinq civils sont impliqués dans le décès de deux hommes à Depok, dans l’ouest de Java, après des heures de violences et de tentatives d’extorsion. L’affaire a été révélée par la police après l’arrestation des suspects.
- Un militaire et cinq civils sont accusés de violences ayant conduit à la mort de deux hommes.
- Les victimes ont été soumises à des sévices prolongés dans le but de les forcer à avouer une transaction de stupéfiants qui n’a jamais été prouvée.
- L’un des suspects est un membre de la marine indonésienne, actuellement détenu par les autorités militaires.
L’incident s’est déroulé dans la ville de Depok, dans l’ouest de Java, dans la nuit du 1er au 2 février 2026. Selon les premiers éléments de l’enquête, DN (39 ans) et WAT (24 ans) se rendaient à l’habitation d’un ami lorsque leur moto est tombée en panne, à court d’essence. WAT s’est alors mis en quête de carburant.
C’est au cours de cette recherche qu’il a rencontré ML, un Serda (sergent) de la marine indonésienne, qui l’a interpellé sur ses intentions. Selon le commissaire Made Gede Oka Utama, chef de l’unité d’enquête criminelle de la police de Depok, WAT a pris la fuite et a été rapidement intercepté par le Serda M.
« La victime a été sécurisée par Serda M et interrogée car elle était suspecte et n’était pas résidente du complexe. »
Commissaire Made Gede Oka Utama, chef de l’unité d’enquête criminelle de la police de Depok
Le Serda M a alors suspecté WAT d’être impliqué dans un trafic de drogue. Après un interrogatoire, les violences ont commencé, impliquant également d’autres civils. La police a précisé qu’aucune trace de stupéfiants n’a été retrouvée sur les victimes, ni dans leurs communications.
Les victimes ont été soumises à des sévices physiques pendant plusieurs heures, de 01h30 WIB (heure d’Indonésie occidentale) jusqu’à l’aube. DN, qui attendait sur la moto, a également été agressé et déshabillé. Les agresseurs cherchaient à obtenir des informations sur une supposée transaction de stupéfiants.
« L’abus a donc été commis dans la mesure où cette victime a été laissée nue. Oui, dans quel but ? Pour que la victime avoue ou donne des informations sur le lieu où a eu lieu la transaction de stupéfiants. »
Commissaire Made Gede Oka Utama, chef de l’unité d’enquête criminelle de la police de Depok
Après avoir été transportées à l’hôpital de Brimob (corps paramilitaire indonésien), WAT n’a pas survécu à ses blessures. DN a été pris en charge par le chef du RT (chef de quartier) local, qui a alerté la police de Cimanggis.
Le Serda M est actuellement détenu par la police militaire de la marine indonésienne (Pomal) Kodaeral III. Les cinq autres suspects, identifiés comme DS (28 ans), MF (21 ans), GR (19 ans), FA (19 ans) et MK (18 ans), sont poursuivis en vertu de plusieurs articles du Code pénal indonésien, notamment ceux relatifs à la violence, à la coercition et à la détention illégale, avec un risque de peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison.
