Publié le 16 janvier 2026. Des recherches récentes suggèrent un lien étroit entre les troubles du rythme circadien et le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques axées sur l’optimisation du sommeil.
- Entre 73 et 78 % des personnes atteintes de TDAH présentent des cycles veille-sommeil retardés.
- Les niveaux de cortisol, une hormone liée au stress et à l’éveil, sont souvent anormaux chez les patients atteints de TDAH.
- Des interventions ciblant le rythme circadien, comme la supplémentation en mélatonine et la luminothérapie, pourraient améliorer à la fois le sommeil et les symptômes du TDAH.
Des études récentes mettent en lumière l’importance cruciale du sommeil dans la gestion des troubles psychiatriques, notamment le TDAH, la dépression et l’anxiété. Les troubles du sommeil, tels que l’insomnie, l’hypersomnie et le désalignement circadien, sont fréquemment observés chez les personnes souffrant de ces affections et peuvent influencer leur diagnostic, leur évolution et leur physiopathologie sous-jacente. Selon une revue publiée dans Frontières en psychiatrie, une approche thérapeutique axée sur la régulation du rythme circadien pourrait compléter les traitements traditionnels du TDAH.
Les auteurs de l’étude, Brandon Luu et Nicholas Fabiano, soulignent que les personnes atteintes de TDAH ont souvent des difficultés à s’endormir et à se réveiller à des heures régulières. Ils notent que les rythmes de cortisol sont généralement plus faibles et retardés chez ces patients. Une autre étude a révélé que la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, est également décalée chez les personnes atteintes de TDAH, survenant en moyenne 90 minutes plus tard chez les adultes et 45 minutes plus tard chez les enfants que chez les personnes sans trouble. JJ Sandra Kooij, chercheuse dans ce domaine, explique que, dans la population générale, la mélatonine est sécrétée vers 21h30, ce qui induit un début de sommeil estimé à 23h30, tandis que chez les personnes atteintes de TDAH, cette sécrétion se produit vers 23h.
« Chacun de nous possède une horloge interne qui détermine notre rythme de sommeil. Cette horloge, située au milieu du cerveau, est héréditaire et commence à fonctionner dès l’enfance. Parce qu’elle dirige les rythmes de tous les organes du corps, elle a une influence considérable. »
JJ Sandra Kooij, chercheuse
Brandon Luu, lui-même atteint de TDAH, témoigne de l’amélioration de ses symptômes après avoir mis en place des interventions pour optimiser son sommeil. Il souligne le manque d’attention accordé aux approches basées sur le rythme circadien dans les discussions sur le traitement du TDAH.
Les interventions ciblant le rythme circadien, telles que la supplémentation en mélatonine et la luminothérapie, se sont avérées prometteuses. Une petite étude a montré qu’une dose quotidienne de 0,5 mg de mélatonine pouvait augmenter la durée de la sécrétion de mélatonine de 88 minutes et réduire les symptômes du TDAH de 14 % chez les adultes. Chez les enfants, une dose de 3 à 6 mg par nuit a permis d’avancer la sécrétion de mélatonine de 44 minutes, avec une amélioration du comportement signalée par 71 % des parents et une amélioration de l’humeur par 61 %.
La luminothérapie, qui consiste à s’exposer à une lumière vive (10 000 lux) pendant deux semaines, a également montré des résultats positifs, en permettant d’avancer la sécrétion de mélatonine de 31 minutes chez les adultes atteints de TDAH. Elle semble particulièrement bénéfique pendant les mois d’hiver. Des approches comportementales multimodales, incluant un réveil plus précoce, une exposition à la lumière matinale, une limitation de l’exposition à la lumière le soir, l’évitement des siestes et une consommation modérée de caféine, ont également permis d’améliorer les cycles veille-sommeil et de réduire les symptômes de dépression et de stress.
Les chercheurs concluent que les interventions circadiennes représentent une approche complémentaire intéressante et peu risquée pour la prise en charge du TDAH. Ils recommandent un dépistage systématique des troubles du sommeil et des perturbations circadiennes chez les personnes atteintes de TDAH, afin d’identifier et de traiter plus efficacement les éventuels problèmes de phase de sommeil retardée.
Voir les sources des articles
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