Publié le 26 décembre 2025 à 05h05. Le processus de sélection du prochain Secrétaire général de l’ONU a officiellement débuté, ouvrant une course diplomatique cruciale pour l’avenir de l’organisation et la résolution des conflits internationaux.
- La médiation des conflits apparaît comme une priorité centrale pour les candidats, face à une multiplication des crises et un scepticisme croissant envers le multilatéralisme.
- Le Conseil de sécurité de l’ONU jouera un rôle déterminant, avec l’arrivée de nouveaux membres expérimentés en matière de résolution de conflits.
- L’émergence de candidatures féminines est fortement attendue, avec l’espoir de voir une femme diriger l’ONU pour la première fois.
Les États membres de l’ONU, réunis à New York, ont lancé le 25 novembre la procédure de nomination du prochain Secrétaire général, qui prendra ses fonctions en janvier 2027 pour un mandat de cinq ans. Cette élection, qui se déroulera tout au long de 2026, est d’une importance capitale dans un contexte international marqué par des tensions croissantes et des défis complexes. L’enjeu est de trouver un leader capable de revitaliser le multilatéralisme et de répondre efficacement aux crises mondiales.
Au-delà des compétences traditionnelles, le prochain Secrétaire général devra faire preuve de pragmatisme et de clairvoyance. Il devra être capable de définir des priorités claires et de communiquer une vision convaincante, afin de rallier les États membres, y compris ceux qui se montrent les plus sceptiques envers l’ONU, comme l’administration américaine, qui dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité.
La médiation des conflits est apparue comme un thème central dans les premières discussions. Fidèle à la Charte des Nations Unies, qui vise à « préserver les générations futures du fléau de la guerre », les candidats sont appelés à faire de la prévention et du règlement pacifique des différends une priorité. Si l’ONU n’est pas la seule actrice dans ce domaine, elle peut apporter une valeur ajoutée en renforçant les efforts de médiation existants et en assurant le suivi des accords de paix.
Le Secrétaire général devra notamment s’assurer du respect des engagements pris par les parties en conflit, en utilisant son influence pour exercer une pression morale et en dénonçant les violations des accords. La situation au Soudan, où l’engagement international reste insuffisant, constitue un test majeur pour les candidats. Il est également crucial de soutenir les médiateurs sur le terrain, qui prennent des risques considérables, comme l’a démontré l’attaque israélienne contre des négociateurs du Hamas au Qatar en septembre 2025 (Al Jazeera) ou les critiques adressées à la Norvège pour avoir accueilli des pourparlers avec les talibans en 2022 (VOA News).
L’ONU dispose d’une expertise reconnue en matière de suivi de la mise en œuvre des accords de paix, grâce aux rapports réguliers que le Secrétaire général soumet au Conseil de sécurité. En 2024, il a présenté 84 rapports (ONU) documentant les progrès réalisés dans les zones de conflit où sont déployées des missions de maintien de la paix ou des missions politiques spéciales. Ces rapports peuvent servir de feuille de route pour assurer la pérennité des accords.
Parallèlement, le Conseil de sécurité examine les menaces à la paix et à la sécurité internationales, notamment sur la base des rapports de l’ONU. Récemment, il a adopté des résolutions autorisant de nouvelles forces, telles que la résolution 2803 approuvant le plan de cessez-le-feu à Gaza (Résolution 2803) et la résolution 2793 autorisant une force de suppression des gangs en Haïti (Résolution 2793).
La coalition « Un pour huit milliards » (1for8billion.org), qui plaide pour un processus de sélection transparent et inclusif, a mis en avant les premières candidatures de Michelle Bachelet (Chili) et de Rebeca Grynspan (Costa Rica). Ces deux femmes, anciennes cheffes d’État et de gouvernement, incarnent l’espoir de voir une femme diriger l’ONU pour la première fois, conformément à la rotation régionale qui privilégie actuellement l’Amérique latine et les Caraïbes. Leurs candidatures devront désormais convaincre les membres permanents du Conseil de sécurité de leur capacité à obtenir un consensus.
L’arrivée de nouveaux membres au Conseil de sécurité en 2026, notamment la Colombie, la République démocratique du Congo et le Libéria, apportera une expertise supplémentaire en matière de résolution de conflits. Ces pays, ainsi que la Somalie, le Pakistan et la Grèce, qui entament leur deuxième année au Conseil, sont tous impliqués dans des processus de médiation et pourront contribuer à faire de cette question une priorité.
En fin de compte, le succès du prochain Secrétaire général dépendra de sa capacité à démontrer que l’ONU peut apporter une valeur ajoutée aux États membres, en particulier en matière de prévention et de règlement pacifique des conflits. Une vision ambitieuse, combinée à un pragmatisme réaliste, sera essentielle pour revitaliser le multilatéralisme et répondre aux défis du XXIe siècle.


