Publié le 11 janvier 2026 13:07:00. Depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi sur le don d’organes en Irlande, près de 300 personnes par jour ont choisi de retirer leur consentement, révélant une certaine réticence du public face au système de consentement présumé.
- Près de 58 500 personnes se sont inscrites sur le registre de refus du don d’organes en six mois.
- La loi Human Tissue Act 2024 considère tout adulte résidant en Irlande depuis au moins un an comme donneur potentiel, sauf s’il s’y oppose explicitement.
- Le consentement des proches reste une étape cruciale avant tout prélèvement.
L’Irlande a adopté en juin 2024 une nouvelle législation, le Human Tissue Act 2024, qui a profondément modifié le système de don d’organes. Cette loi instaure le principe du consentement présumé, signifiant que tout adulte résidant en Irlande depuis au moins un an est considéré comme donneur potentiel, à moins qu’il n’ait expressément manifesté son refus. L’objectif était d’augmenter le nombre de dons d’organes et de réduire la liste d’attente des patients nécessitant une greffe.
Cependant, l’application de cette loi a suscité une vague d’inscriptions sur le registre de refus. Au 31 décembre 2024, 58 482 personnes avaient retiré leur consentement, soit une moyenne de près de 300 par jour. Les premières semaines ont été marquées par un afflux massif, avec près de 40 000 inscriptions au cours des dix premiers jours, représentant près de 155 refus par heure. Ce rythme s’est ensuite ralenti, mais reste significatif.
Malgré ce nombre important de retraits, le Health Service Executive (HSE), l’autorité de santé irlandaise, insiste sur le fait que le consentement des proches demeure primordial. Une porte-parole du HSE a souligné que la famille ou la personne proche du défunt est toujours consultée avant toute décision de prélèvement.
« Il est donc essentiel de souligner qu’il est toujours très important de faire connaître vos souhaits en matière de don d’organes en cas de décès prématuré. »
Porte-parole du HSE
La porte-parole a ajouté que la famille peut ainsi s’assurer que les valeurs et les volontés du défunt soient respectées. La législation encadre également le don vivant, notamment par le biais du « don altruiste non dirigé », qui permet à une personne de faire don d’un rein à un receveur inconnu figurant sur une liste d’attente. Des garanties supplémentaires sont prévues pour protéger à la fois le donneur et le receveur.
Les organes concernés par ce nouveau système de non-participation sont le cœur, les poumons, le foie, le pancréas et les reins. Le consentement familial reste requis pour le don d’autres organes, tissus ou cellules. La loi exclut les personnes de moins de 18 ans, les non-résidents de l’Irlande depuis au moins un an, et celles qui ne sont pas en mesure de prendre une décision éclairée concernant le don d’organes.
Un article récent du Irish Times indique que la forte baisse du nombre de transplantations d’organes ne serait pas directement liée au nouveau registre de refus. Voir l’article complet ici.
