Publié le 24 septembre 2024 10:22:00. Le baiser, geste intime et universel, pourrait avoir des racines bien plus anciennes qu’on ne le pensait. Une nouvelle étude scientifique révèle que ce comportement amoureux remonterait à plus de 21 millions d’années, chez nos ancêtres primates.
- Des scientifiques ont reconstitué l’histoire évolutive du baiser en analysant l’arbre généalogique des primates.
- L’étude suggère que le baiser était une habitude courante chez les grands singes il y a entre 21,5 et 16,9 millions d’années.
- Bien que répandu, le baiser n’est documenté que dans 46 % des cultures humaines, soulevant la question de son origine : instinctive ou culturelle ?
Le baiser, ce geste tendre et souvent romantique, n’est pas un simple produit de la culture humaine. C’est la conclusion d’une étude récente menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford, qui ont exploré les origines évolutives de ce comportement. L’équipe a découvert que le baiser, ou du moins un contact buccal non agressif, pourrait remonter à l’ancêtre commun des humains et des grands singes, il y a plus de 21 millions d’années.
Ce comportement, observé chez de nombreuses espèces animales – chimpanzés, gorilles, chiens, chats, dauphins – a longtemps intrigué les scientifiques. D’un point de vue évolutif, il présente des risques, comme la transmission de maladies, sans offrir d’avantages évidents en termes de survie ou de reproduction. Pourtant, il persiste.
Pour comprendre cette énigme, les chercheurs ont évalué diverses espèces de primates, en se concentrant sur celles ayant évolué en Afrique, en Europe et en Asie, notamment les chimpanzés, les bonobos et les orangs-outans. Ils ont ensuite cartographié ce trait sur l’arbre généalogique évolutif des primates, en utilisant des simulations informatiques pour estimer la probabilité que divers ancêtres se soient également embrassés.
Les résultats, publiés dans la revue Evolution and Human Behaviour, indiquent que le baiser était une habitude courante chez les anciens grands singes. L’étude suggère même que nos cousins Néandertaliens pratiquaient également ce geste d’affection. Des analyses des bactéries buccales chez les premiers humains et les Néandertaliens ont révélé des transferts de salive entre les deux espèces, laissant supposer qu’ils s’embrassaient.
« C’est la première fois que quelqu’un utilise une large perspective évolutionniste pour examiner les baisers »,
Matilda Brindle, biologiste évolutionniste à l’Université d’Oxford
Cependant, l’étude souligne une contradiction intéressante : bien que biologiquement ancré, le baiser n’est documenté que dans 46 % des cultures humaines. Catherine Talbot, co-auteure de l’étude, explique :
« Les normes sociales et les contextes varient considérablement d’une société à l’autre, ce qui soulève la question de savoir si le baiser est un comportement évolué ou une invention culturelle. C’est la première étape pour répondre à cette question. »
Catherine Talbot, auteure de l’étude
Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives sur la compréhension de ce geste intime et soulève des questions fascinantes sur l’interaction entre nos instincts biologiques et nos constructions culturelles.
