Publié le 16 novembre 2025 à 05h01. L’insuffisance rénale chronique, une maladie silencieuse mais en forte progression, affecte désormais près de 800 millions de personnes dans le monde et s’est hissée au neuvième rang des causes de décès, selon une étude mondiale récente.
- Le nombre de cas d’insuffisance rénale chronique (IRC) a doublé entre 1990 et 2023, passant de 378 millions à 788 millions de personnes.
- L’IRC est désormais classée parmi les 10 principales causes de décès dans le monde.
- Les principaux facteurs de risque sont l’hyperglycémie (diabète), l’hypertension artérielle et l’obésité.
Une étude menée par des chercheurs de NYU Langone Health, de l’Université de Glasgow et de l’Université IHME de Washington révèle une augmentation alarmante des cas d’insuffisance rénale chronique (IRC) à l’échelle mondiale. Cette condition, caractérisée par une perte progressive de la capacité des reins à filtrer les déchets et l’excès de liquide du sang, est devenue un problème majeur de santé publique.
Pour la première fois, l’IRC figure désormais parmi les 10 principales causes de décès dans le monde, occupant la neuvième place. Les données de l’étude montrent que le nombre de cas mondiaux est passé de 378 millions en 1990 à 788 millions en 2023, une augmentation corrélée à la croissance et au vieillissement de la population mondiale.
Selon le Dr Josef Coresh, l’un des principaux auteurs de l’étude de NYU Langone,
« Notre travail montre que la maladie rénale chronique est une maladie courante, mortelle et qui s’aggrave en tant que problème majeur de santé publique. »
L’IRC ne se contente pas de tuer directement ; elle a également un double impact sur la santé. Elle augmente le risque de maladies cardiaques, contribuant à environ 12 % des décès cardiovasculaires dans le monde. De plus, elle réduit significativement la qualité de vie, et devrait être la 12ème cause de handicap d’ici 2023.
Les trois principaux facteurs de risque identifiés sont l’hyperglycémie (diabète), l’hypertension artérielle et un indice de masse corporelle élevé (obésité). L’étude, publiée dans la revue The Lancet, constitue l’estimation la plus complète de l’IRC depuis près d’une décennie.
Un aspect encourageant souligné par les chercheurs est que la plupart des patients participant à l’étude se trouvaient aux premiers stades de la maladie. Un diagnostic précoce et une prise en charge rapide, incluant des changements de mode de vie et un traitement médicamenteux, peuvent éviter le recours à des interventions plus lourdes et coûteuses, telles que la dialyse et la transplantation rénale.
Cependant, le Dr Morgan Grams, un autre auteur principal de l’étude, a mis en évidence le fait que l’IRC est actuellement sous-diagnostiquée et sous-traitée.
« Notre rapport souligne la nécessité de procéder à davantage d’analyses d’urine pour la détecter plus tôt et de garantir que les patients peuvent se permettre d’accéder au traitement une fois qu’ils sont diagnostiqués. »
(KNA / KNA)
