Publié le 2024-02-29 14:35:00. Face à la flambée des prix de la mémoire vive, un paradoxe s’installe sur le marché informatique : le retour en force de technologies plus anciennes, comme la DDR3, tandis que la DDR5 devient une cible privilégiée pour les voleurs.
- La DDR3, autrefois délaissée, connaît une résurgence de popularité en raison de son prix abordable, poussant les ventes de cartes mères compatibles à la hausse.
- La mémoire DDR5, en raison de sa rareté et de son coût élevé, est sujette à des vols et des arnaques, comme l’illustre un récent cambriolage dans un bureau d’études en Corée du Sud.
- Des solutions alternatives, comme l’achat de matériel d’occasion et l’utilisation de processeurs Xeon, permettent aux consommateurs de contourner la pénurie et les prix exorbitants.
La pénurie et l’augmentation des prix de la mémoire DDR4, qui semblait être une option stable il y a peu, ont créé un effet domino inattendu. Les ventes de cartes mères compatibles avec la DDR5 ont chuté, et même celles de la DDR4 montrent des signes de ralentissement. En parallèle, la production de cartes mères DDR3 a doublé, voire triplé, et des offres combinant ces cartes avec des processeurs Intel de dernière génération se multiplient.
Cette tendance est alimentée par la disponibilité de la mémoire DDR3 d’occasion, souvent récupérée sur des ordinateurs hors d’usage ou des systèmes plus anciens, à des prix nettement inférieurs à ceux des nouvelles technologies. Certains utilisateurs se tournent également vers des systèmes DDR3 compatibles avec des processeurs Xeon, offrant un bon rapport performance/prix grâce à leur nombre élevé de cœurs.
Parallèlement à cette résurgence de l’ancien, la mémoire DDR5 est devenue un bien rare et convoité. Certains kits atteignent des prix comparables à ceux d’une voiture de sport, et des signalements de surfacturation et de contrefaçon se multiplient. Le portail ITC.ua avait déjà fait état de vols de barrettes de mémoire, et un incident récent en Corée du Sud illustre la gravité de la situation.
Selon un rapport publié par ZOD, des voleurs se sont introduits dans un bureau d’études et ont dérobé quatre barrettes de mémoire DDR5 Micron CL46 5600 de 32 Go. L’absence de signes d’effraction sur la porte a conduit les enquêteurs à constater que les voleurs avaient brisé les panneaux de verre trempé des ordinateurs pour accéder à la mémoire vive. L’entreprise a dû conclure un accord d’indemnisation avec sa société de sécurité, mais le coût élevé de la DDR5 rend le remplacement immédiat difficile.
Face à cette situation, certains constructeurs d’ordinateurs regrettent même de ne pas avoir opté pour des boîtiers entièrement métalliques lors de l’assemblage des machines l’année dernière, une décision prise initialement pour faciliter la maintenance. Une réflexion sur la sécurisation du matériel, peut-être par l’utilisation de rivets, est désormais envisagée.
