Le procès d’Abby Zwerner, une enseignante grièvement blessée lors d’une fusillade survenue dans une école primaire de Newport News, en Virginie, en janvier 2023, a débuté devant un jury. Elle poursuit l’ancienne directrice adjointe de l’établissement, Ebony Parker, pour négligence, réclamant 40 millions de dollars de dommages et intérêts.
L’affaire portée devant la Cour de circuit de Newport News se concentre sur les accusations selon lesquelles Ebony Parker aurait ignoré des avertissements concernant le comportement de l’élève de six ans, qui avait apporté une arme à feu à l’école le 6 janvier 2023. Abby Zwerner a été touchée par plusieurs balles tirées par l’enfant alors qu’elle enseignait à sa classe de première année. Une balle a traversé sa main et pénétré dans sa poitrine, provoquant un effondrement pulmonaire.
L’élève, qui avait emporté le pistolet de sa mère, a tiré sur Mme Zwerner alors qu’elle était assise à son bureau. Malgré ses blessures, l’enseignante a réussi à mettre en sécurité les autres élèves de la classe. La mère de l’élève, Deja Nicole Taylor, a quant à elle été condamnée à 21 mois de prison pour possession d’une arme à feu tout en consommant du cannabis, ainsi que pour négligence envers les enfants.
Initialement, la poursuite visait également le conseil scolaire de Newport News et d’autres administrateurs. Cependant, un juge a rejeté ces parties en août, estimant qu’Ebony Parker pouvait être tenue personnellement responsable, car ses actions présumées ne relevaient pas de la protection accordée aux fonctionnaires. Mme Parker a depuis démissionné de son poste et est confrontée à huit chefs d’accusation de négligence envers les enfants, correspondant au nombre de balles tirées dans la salle de classe.
L’équipe juridique de Mme Parker nie toute faute, arguant qu’elle avait agi de manière raisonnable compte tenu des informations dont elle disposait et que la tragédie était imprévisible. À l’inverse, les avocats d’Abby Zwerner soutiennent que plusieurs enseignants et membres du personnel avaient alerté Mme Parker quelques heures avant la fusillade, signalant que l’élève semblait armé et avait proféré des menaces. Ils affirment qu’aucune mesure n’a été prise pour fouiller le sac à dos de l’enfant ou contacter les forces de l’ordre.
« L’inaction délibérée » de Mme Parker et son mépris des avertissements urgents ont, selon les avocats de Mme Zwerner, créé les conditions qui ont permis à la fusillade de se produire.
La décision du juge Matthew W. Hoffman de permettre à l’affaire d’être jugée devant un tribunal civil est significative. Il a rejeté l’argument du district scolaire selon lequel les blessures de Mme Zwerner relevaient exclusivement du système d’indemnisation des accidents du travail de Virginie, estimant qu’une fusillade impliquant un élève de première année ne constituait pas un « risque typique sur le lieu de travail ».
Le procès, qui devrait durer plusieurs semaines, entendra les témoignages d’enseignants, de membres du personnel de sécurité et d’experts en éducation sur la gestion des alertes. Des experts médicaux présenteront également des preuves sur les conséquences à long terme des blessures et du traumatisme subi par Mme Zwerner. Le verdict pourrait établir un précédent important concernant la gestion des menaces dans les écoles américaines et l’étendue de la responsabilité personnelle des administrateurs en matière de sécurité des élèves et des enseignants.
