Le cinéaste John Waters, figure emblématique du cinéma trash, a dévoilé sa sélection des dix meilleurs films de l’année 2025, un palmarès toujours aussi décalé et provocateur. En tête de liste, on retrouve le western post-COVID d’Ari Aster, « Eddington », un choix qui ne manquera pas de diviser.
Waters n’a pas mâché ses mots pour justifier son premier choix : « Mon film préféré de l’année est une histoire désagréable mais terriblement divertissante, aussi épuisante que la politique actuelle, avec des personnages auxquels personne ne peut s’identifier. Pourtant, il est si terrifiant et drôle, si étrangement chaste et pervers, qu’il vous laissera complètement désemparé et incroyablement cultivé après l’avoir vu. Si vous n’aimez pas ce film, je vous déteste. »
Cette préférence pour le dernier film d’Aster n’est pas surprenante, Waters ayant déjà salué « Beau Is Afraid » en 2023 comme un film « super long, super fou, super drôle sur la crise mentale d’un homme ». Si les résultats diffèrent, les deux réalisateurs partagent un certain mépris pour les conventions et un goût prononcé pour les personnages au bord du gouffre.
L’audace ne se limite pas aux œuvres les plus extrêmes. À la deuxième place de son classement, Waters a placé « Final Destination: Bloodlines », qui, selon lui, coche surtout la case de l’intensité. D’autres films, comme « Misericordia » d’Alain Guiraudie – qu’il décrit comme un « thriller impossiblement pervers où meurtre, inceste caché et attirance inappropriée pour un homme coupable se rencontrent » – ou la comédie empoisonnée de François Ozon, « When Fall Is Coming », proposent une déviance plus subtile et concise.
Waters a également mis en avant des œuvres plus exigeantes, comme la trilogie d’Oslo de Dag Johan Haugerud (« Sex », « Love » et « Dreams », vainqueur de l’Ours d’or à la Berlinale 2025), qui demande un investissement de la part du spectateur, mais explore des thèmes plus humains que horrifiques.
Voici la liste complète des « favoris déjantés » de John Waters pour 2025 :
- « Eddington » (Ari Aster)
- « Final Destination: Bloodlines » (Adam B. Stein et Zach Lipovsky)
- Trilogie d’Oslo (Dag Johan Haugerud)
- « Sirāt » (Oliver Laxe)
- « Sauna » (Mathias Broe)
- « Room Temperature » (Dennis Cooper et Zac Farley)
- « Misericordia » (Alain Guiraudie)
- « When Fall Is Coming » (François Ozon)
- « My Mom Jayne » (Mariska Hargitay)
- « The Empire » (Bruno Dumont)
