Publié le 11 décembre 2025 16:23:00. Longtemps considérée comme une maladie principalement héréditaire, la maladie de Parkinson pourrait être davantage liée à des facteurs environnementaux, notamment l’exposition à certains produits chimiques présents dans l’eau potable, selon une nouvelle étude.
- Une étude épidémiologique publiée dans JAMA Neurologie établit un lien entre la maladie de Parkinson et l’exposition au trichloréthylène, un solvant industriel.
- Les taux de maladie de Parkinson ont doublé aux États-Unis au cours des 30 dernières années et devraient continuer d’augmenter.
- Les chercheurs mettent en avant l’importance de l’« exposome », la somme de toutes les expositions environnementales, dans le développement de la maladie.
La maladie de Parkinson (MP), affection neurologique dévastatrice affectant le contrôle des mouvements, représente un défi majeur pour la médecine moderne. Pendant des années, la communauté scientifique a privilégié une explication génétique à son origine. Cette vision est désormais remise en question par des données émergentes qui soulignent le rôle crucial de l’environnement et des expositions environnementales dans l’apparition et la progression de la maladie.
Si des personnalités comme Sergey Brin, cofondateur de Google, et des campagnes de sensibilisation menées par des figures publiques telles que Michael J. Fox ont contribué à focaliser l’attention sur la composante génétique, plus de la moitié des fonds alloués à la recherche sur la maladie de Parkinson au cours des deux dernières décennies ont été consacrés à l’étude de ses bases génétiques. Cependant, l’observation des statistiques mondiales révèle une complexité plus grande.
Aux États-Unis, les taux de maladie de Parkinson ont doublé au cours des 30 dernières années et devraient augmenter de 15 à 35 % par décennie. Cette progression rapide est difficilement explicable uniquement par des mutations génétiques, qui évoluent sur des échelles de temps beaucoup plus longues.
Selon Wired, ce changement de perspective s’appuie sur l’idée que ce ne sont pas tant nos gènes qui déterminent notre santé à long terme, mais plutôt l’ensemble de nos expositions environnementales, de la conception à la mort. Ce concept, baptisé « exposome », met en lumière l’interaction complexe entre la prédisposition génétique et les facteurs environnementaux, où les gènes peuvent rendre vulnérable, mais l’environnement agit comme un déclencheur.
L’exposome englobe une multitude de contaminants chimiques, tels que les solvants industriels, les pesticides, les composés perfluorés (PFAS), la pollution atmosphérique et les sous-produits plastiques. Or, une infime fraction de ces substances chimiques a été évaluée en termes de sécurité pour la santé humaine. Aux États-Unis, moins de 1 % des 350 000 produits chimiques enregistrés ont fait l’objet de tests approfondis pour évaluer leur impact sur la santé, selon la publication en question.
Cette nouvelle approche ne se limite pas à réorienter la recherche, elle ouvre également des perspectives en matière de prévention. Des mesures visant à réduire l’exposition à ces substances nocives, comme la surveillance et l’assainissement de l’approvisionnement en eau, la limitation de l’utilisation des pesticides ou l’identification et l’élimination des produits chimiques neurotoxiques, pourraient offrir une voie plus rapide et efficace pour réduire l’incidence de la maladie que les traitements basés uniquement sur la génétique.
