Publié le 2 octobre 2025 20:11:00. Le Parti libéral-démocrate (PLD), au pouvoir au Japon depuis près de sept décennies, est confronté à une crise de leadership et à un mécontentement croissant des électeurs, fragilisés par l’inflation et les incertitudes géopolitiques.
- Le Premier ministre Shigeru Ishiba a démissionné après seulement un an au pouvoir, laissant le PLD à la recherche d’un nouveau dirigeant.
- L’inflation persistante et les politiques imprévisibles de l’ancien président américain Donald Trump ont contribué à éroder la confiance dans le PLD.
- Deux candidates se distinguent pour succéder à Ishiba : Sanae Takaichi, une conservatrice, et Shinjiro Koizumi, un réformateur plus modéré.
Après des décennies de domination quasi-ininterrompue, le PLD, fondé en 1955, voit son emprise sur le pouvoir s’affaiblir. Si les électeurs japonais ont brièvement confié les rênes à d’autres partis à deux reprises, ils sont invariablement revenus au PLD, perçu comme une garantie de stabilité. Aujourd’hui, une série de scandales et l’évolution des préoccupations des citoyens ont réduit le parti autrefois tout-puissant à un gouvernement minoritaire, contraint de former une coalition avec le Komeito, un parti pacifiste et socialement conservateur.
La démission de Shigeru Ishiba, après une année difficile, a précipité le PLD dans une course à la succession où s’affrontent des personnalités aux profils très différents. Les enjeux sont de taille : le prochain dirigeant devra non seulement relancer l’économie japonaise, mais aussi répondre aux inquiétudes croissantes face à un environnement international de plus en plus instable.
L’inflation, qui pèse sur le pouvoir d’achat des Japonais depuis des décennies, est l’une des principales préoccupations des électeurs. À cela s’ajoute l’impact des politiques de Donald Trump, dont le retour au pouvoir aux États-Unis a introduit une nouvelle dose d’incertitude dans la région Asie-Pacifique, notamment à travers ses tactiques commerciales agressives qui ont pénalisé les entreprises japonaises.
« La majorité écrasante des partisans du PLD ont soutenu le parti en raison de ses politiques économiques et de sa coopération avec les États-Unis », explique Naoko Taniguchi, experte en politique à l’Université Keio. « La structure fondamentale de la politique étrangère japonaise repose traditionnellement sur de bonnes relations avec les États-Unis. Les changements intervenus dans la politique américaine ont introduit un certain degré d’incertitude. »
Les scandales récents, impliquant plusieurs figures importantes du parti, ont également contribué à saper la confiance des électeurs. Le ministre Fumio Kishida, bien que non directement impliqué, a été jugé trop faible pour gérer la crise et a démissionné, ouvrant la voie à Shigeru Ishiba. Cependant, sa tentative de remobiliser l’électorat par des élections anticipées s’est soldée par un échec, laissant le PLD au pouvoir avec une majorité réduite.
La course à la succession s’annonce serrée. Parmi les cinq candidats en lice, deux se distinguent particulièrement : Sanae Takaichi et Shinjiro Koizumi.
Sanae Takaichi, une figure influente du PLD, est une fervente défenseure des valeurs conservatrices et une admiratrice de Margaret Thatcher. Si elle était élue, elle deviendrait la première femme Premier ministre du Japon. « Elle est susceptible de séduire la base conservatrice traditionnelle du parti », estime le professeur Taniguchi, tout en soulignant qu’elle pourrait avoir du mal à obtenir le soutien de l’opposition.
Sanae Takaichi est une fidèle conservatrice qui admire Margaret Thatcher. (AP: Takashi Aoyama / Pool)
Shinjiro Koizumi, fils de l’ancien Premier ministre Junichiro Koizumi, représente une alternative plus moderne et réformiste. Il est perçu comme un candidat capable de rassembler les différentes factions du parti et de séduire un électorat plus jeune.
Shinjiro Koizumi est actuellement ministre de l’Agriculture et fils de l’ancien Premier ministre Junichiro Koizumi. (Reuters: Issei Kato / Pool)
Le vote aura lieu ce samedi. Au-delà du choix du nouveau dirigeant, l’avenir du PLD et de la politique japonaise est en jeu. La participation électorale, en baisse constante, témoigne d’un désintérêt croissant des citoyens pour la politique. Le prochain Premier ministre devra donc non seulement relever les défis économiques et géopolitiques, mais aussi restaurer la confiance des Japonais dans leurs institutions.
