Publié le 18 novembre 2025 à 23h30. Une médecin vénézuélienne, Margie Orozco, a été condamnée à 30 ans de prison pour avoir critiqué le président Nicolás Maduro sur WhatsApp, illustrant une nouvelle fois la répression des voix dissidentes au Venezuela.
- La Dre Margie Orozco a été condamnée à 30 ans de prison pour « trahison, incitation à la haine et complot ».
- Son arrestation est survenue après la contestée réélection de Maduro et suite à des critiques exprimées sur WhatsApp.
- L’ONG Foro Penal dénombre actuellement 882 prisonniers politiques au Venezuela.
Margie Orozco, âgée de 65 ans et médecin généraliste, est incarcérée depuis août dernier dans la prison de Táchira. Elle avait exprimé ses critiques à l’égard du gouvernement dans un message audio diffusé sur WhatsApp, appelant également à participer aux élections du 28 juillet 2024, selon l’ONG Justicia, Encuentro y Perdón. Des dirigeants communautaires proches du chavisme l’auraient dénoncée aux autorités.
Le parti d’opposition Vente Venezuela, dirigé par la députée María Corina Machado, a précisé que dans cet audio, la Dre Orozco se plaignait notamment de la distribution inégale des bouteilles de gaz domestique dans sa communauté. Cette affaire intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes au Venezuela, exacerbées par la réélection controversée de Nicolás Maduro.
La réélection de Maduro pour un troisième mandat consécutif avait déclenché des manifestations qui ont conduit à l’arrestation de plus de 2 400 personnes, dont la plupart ont été libérées quelques mois plus tard. Suite à ces événements, le président Maduro avait incité ses partisans à dénoncer les « fascistes » – terme utilisé par le chavisme pour désigner ses opposants – via une application dédiée, offrant en échange des primes et de la nourriture subventionnée.
Les organisations de défense des droits de l’homme s’inquiètent de l’état de santé de la Dre Orozco, qui aurait subi deux crises cardiaques au cours des deux dernières années, la dernière en date remontant à septembre 2024 alors qu’elle était déjà en détention. L’ONG Justicia, Encuentro y Perdón souligne également qu’elle souffre de dépression chronique, suite à la perte tragique de deux de ses enfants, l’un victime d’une tentative de vol et l’autre décédé dans un accident.
Cette condamnation, largement relayée sur les réseaux sociaux, notamment par DW Español, met en lumière la situation des prisonniers politiques au Venezuela, dont le nombre est estimé à 882 selon les derniers chiffres de l’ONG Foro Penal.
