Publié le 17 janvier 2026 à 03h35. Une vague d’exécutions massives a frappé l’Iran en pleine contestation sociale, suscitant une vive inquiétude internationale quant au respect des droits de l’homme et à la transparence du système judiciaire.
- Au moins 52 personnes ont été exécutées entre le 5 et le 14 janvier dans 42 prisons à travers le pays.
- Ces exécutions interviennent dans un contexte de répression des manifestations et de restrictions sévères à l’accès à l’information.
- Le nombre total de décès confirmés liés aux manifestations atteint 3 090, tandis que 3 882 cas supplémentaires sont en cours d’examen.
L’organisation de défense des droits de l’homme HRANA (Human Rights Activists in Iran), basée aux États-Unis, a fait état de cette série d’exécutions particulièrement inquiétante. Selon HRANA, les condamnés étaient accusés principalement de meurtre et de délits liés à la drogue. L’accès à l’information concernant ces procès est extrêmement limité, rendant impossible un contrôle indépendant des procédures judiciaires.
Entre le 5 et le 12 janvier, au moins 37 exécutions ont été recensées, avec des noms et des dates précis. La semaine suivante a vu une nouvelle intensification, avec notamment deux prisonniers exécutés le 10 janvier dans la prison de Karaj pour des crimes liés à la drogue, et trois autres à Aligudarz pour meurtre. Le 11 janvier, deux personnes ont été exécutées à Bandar Abbas, suivies de quatre autres à Ispahan le 12.
Au 13 janvier, HRANA avait déjà enregistré au moins dix exécutions supplémentaires dans diverses prisons, dont six pour meurtre et le reste pour des infractions liées à la drogue ou d’autres accusations non politiques. Le 14 janvier, cinq autres personnes ont été exécutées pour meurtre, portant le bilan total à au moins 52.
Parallèlement à cette vague d’exécutions, les manifestations en Iran, qui durent depuis plus de vingt jours, ont fait au moins 3 090 morts confirmés, selon HRANA. L’organisation examine également 3 882 cas supplémentaires. Plus de 2 055 personnes auraient été grièvement blessées et 22 123 arrêtées. Le pays est toujours confronté à un blocage national d’Internet, et une escalade des réponses diplomatiques et sécuritaires est observée au niveau international, tandis que la répression judiciaire et sécuritaire se poursuit sur le territoire iranien.
Face à la pression internationale, le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné la déclaration du G7 sur la répression des manifestations, la qualifiant d’« interventionniste ». Les autorités iraniennes justifient leurs actions en invoquant des impératifs de sécurité et en affirmant leur légalité, tout en rejetant ou en minimisant les critiques internationales.
Le président américain, Donald Trump, a affirmé que l’Iran avait renoncé à exécuter plus de 800 personnes en raison des pressions politiques, appelant à nouveau à la fin de la violence contre les manifestants.
