Home MondeDiosdado Cabello est en tête de la liste des récompenses américaines après la capture de Nicolás Maduro

Diosdado Cabello est en tête de la liste des récompenses américaines après la capture de Nicolás Maduro

by Clara Dubois

Publié le 8 janvier 2026. Washington a placé de hauts responsables vénézuéliens, dont le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, sur une liste de personnes recherchées avec des primes à la clé, dans le cadre d’une offensive judiciaire ciblant le régime de Nicolás Maduro et ses liens présumés avec le narcotrafic.

  • Une récompense de 25 millions de dollars est offerte pour des informations menant à l’arrestation et à la condamnation de Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur et de la Justice vénézuélien.
  • Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino, fait également l’objet d’une prime de 15 millions de dollars pour des accusations similaires.
  • Ces primes s’inscrivent dans une stratégie américaine plus large visant à démanteler les réseaux criminels liés au pouvoir chaviste.

L’attention de la justice et de la politique américaine s’est intensifiée sur le cercle rapproché du pouvoir vénézuélien après l’arrestation de Nicolás Maduro, début janvier, à Caracas lors d’une opération militaire américaine. Dans ce contexte, Diosdado Cabello est désormais la cible d’une des primes les plus importantes actuellement proposées par les États-Unis : 25 millions de dollars pour des informations permettant son arrestation et sa condamnation.

Ce montant place Cabello au même niveau que Daoud Ibrahim, l’un des criminels les plus recherchés au monde, considéré comme le cerveau des attentats de Bombay en 1993, qui avaient fait 157 morts. Ce parallèle souligne la manière dont Washington assimile les figures clés du chavisme à des réseaux internationaux de trafic de drogue et de terrorisme, comme le confirment les communiqués officiels du gouvernement américain.

Selon la Drug Enforcement Administration (DEA), Cabello est recherché pour complot de narcoterrorisme, complot visant à importer de la cocaïne et complot visant à utiliser des armes automatiques et des engins explosifs pour soutenir des activités liées au trafic de drogue. La récompense a été augmentée en janvier 2025, passant de 10 millions de dollars à 25 millions de dollars.

L’offensive judiciaire américaine ne se limite pas au ministre de l’Intérieur. Le Département d’État offre également 15 millions de dollars pour la capture du ministre de la Défense, Vladimir Padrino, accusé de complot visant à distribuer de la cocaïne à bord d’avions immatriculés aux États-Unis, selon un avis officiel daté du 10 janvier 2025.

Ce montant place Padrino au même niveau que Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », le chef du Cartel de nouvelle génération de Jalisco (CJNG), l’un des groupes criminels les plus violents d’Amérique latine. Pour Washington, cette comparaison n’est pas fortuite : elle reflète la conviction que certains secteurs de l’appareil d’État vénézuélien opèrent comme une structure criminelle transnationale.

Jusqu’à sa capture, la plus importante récompense active était celle de 50 millions de dollars offerte pour la capture de Nicolás Maduro, accusé par les États-Unis de diriger un réseau de trafic de drogue à l’échelle internationale. L’ancien président a été arrêté avec son épouse, Cilia Flores, et est actuellement détenu dans une prison fédérale de New York en attendant son procès.

Le système de récompenses utilisé par Washington a des précédents historiques. Pendant des années, les États-Unis ont offert jusqu’à 25 millions de dollars pour la capture d’Oussama ben Laden, chef d’Al-Qaïda, capturé et tué au Pakistan en mai 2011 lors de l’opération « Lance de Neptune ». Bien que le Congrès ait autorisé l’augmentation de ce montant à 50 millions de dollars, le FBI n’a jamais officialisé cette augmentation.

L’affaire Ben Laden a montré que, dans de nombreux cas, la récompense n’est jamais réclamée, la localisation des cibles résultant de renseignements électroniques plutôt que d’informations fournies par des tiers. Néanmoins, ces primes remplissent également une fonction politique et dissuasive, au-delà de leur potentiel de collecte d’informations.

Actuellement, le Département d’État maintient une récompense active de 10 millions de dollars pour des informations conduisant à la capture de Saïf al-Adel, considéré comme le leader de facto d’Al-Qaïda, de nationalité égyptienne.

L’inclusion de hauts responsables vénézuéliens dans ce système de récompenses marque un tournant dans les relations entre Washington et Caracas. Pour les États-Unis, il ne s’agit plus seulement de sanctions diplomatiques ou économiques, mais d’une approche pénale qui présente les anciennes figures du pouvoir chaviste comme une menace criminelle comparable aux réseaux terroristes et aux cartels internationaux, avec des conséquences judiciaires qui dépassent l’éventuel effondrement politique du régime.

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