Une Australienne condamnée à la prison à vie pour avoir empoisonné sa famille politique avec des champignons mortels conteste sa condamnation, invoquant des irrégularités dans le déroulement du procès. Erin Patterson, 52 ans, avait été reconnue coupable en juillet dernier du meurtre de trois personnes et de la tentative d’assassinat d’une quatrième.
Patterson a déposé une demande d’autorisation d’appel auprès de la Cour suprême de Victoria, estimant que des erreurs judiciaires ont entaché le verdict. Parmi les motifs invoqués figurent des conditions de séquestration des jurés jugées inappropriées : ils auraient séjourné dans le même hôtel que la police et les procureurs pendant la majorité de leurs délibérations.
« Cette situation a irrémédiablement compromis l’intégrité des verdicts et nécessite l’annulation des condamnations et l’organisation d’un nouveau procès afin que la justice soit non seulement rendue, mais perçue comme telle », affirment les documents d’appel.
L’accusée conteste également la pertinence de certains éléments de preuve présentés au procès, notamment des données de localisation de téléphones portables et des messages échangés sur Facebook, les qualifiant de « préjudiciables » ou « non pertinents ». Elle dénonce également un contre-interrogatoire « injuste et oppressif » de la part de l’accusation lors de son témoignage.
Patterson estime par ailleurs que l’accusation a commis une « erreur judiciaire substantielle » en présentant un mobile du meurtre lors de son plaidoirie finale, alors qu’elle avait initialement affirmé qu’il n’y avait pas de mobile.
De plus, elle se plaint du refus du juge Christopher Beale de présenter au jury des photos et des vidéos relatives aux champignons retrouvés à son domicile.
Actuellement détenue au centre pénitentiaire Dame Phyllis Frost, Patterson a indiqué qu’elle ne souhaite pas assister à l’audience d’appel en personne et préfère une comparution par visioconférence.
La Cour d’appel de l’État de Victoria a confirmé la réception de la demande d’appel, mais n’a pas encore statué sur son acceptation.
L’affaire a captivé l’Australie et attiré l’attention internationale. Patterson a été reconnue coupable du meurtre de sa belle-mère, Gail Patterson, de son beau-père, Donald Patterson, et de la sœur de Gail, Heather Wilkinson, après les avoir invités à déjeuner à Leongatha, une petite ville de 6 000 habitants, où elle leur a servi un bœuf Wellington empoisonné aux amanites phalloïdes, des champignons mortels.
Elle a également été condamnée pour la tentative de meurtre de Ian Wilkinson, le mari de Heather, qui a survécu à l’empoisonnement.
Lors de son procès, le juge Beale avait souligné la « trahison de confiance » dont Patterson s’était rendue coupable envers ses proches, qui avaient toujours été bienveillants envers elle et ses enfants. Il avait également insisté sur les souffrances infligées à ses propres enfants, privés de leurs grands-parents.
« Vous seule savez pourquoi vous avez commis ces crimes », avait déclaré le juge Beale à l’accusée.
