Publié le 5 janvier 2024 à 09h00. Alors que la saison des fêtes bat son plein et que les voyages reprennent, les risques de contracter certaines infections, comme la mononucléose, augmentent, notamment en raison de la proximité physique et des contacts étroits.
- La mononucléose, souvent appelée « maladie du baiser », est causée par le virus d’Epstein-Barr et se transmet principalement par la salive.
- Les symptômes, tels que fièvre, mal de gorge et fatigue intense, peuvent mettre plusieurs semaines à apparaître après l’infection.
- Bien que généralement bénigne, la mononucléose peut, dans de rares cas, entraîner des complications graves nécessitant une attention médicale.
Avec le retour des vacances et des rassemblements sociaux, les médecins tirent la sonnette d’alarme concernant une infection virale souvent sous-estimée : la mononucléose infectieuse. Surnommée communément « maladie du baiser », cette pathologie, bien que rarement grave, peut perturber considérablement la vie quotidienne et, dans de rares cas, entraîner des complications sérieuses.
La transmission de la mononucléose se fait principalement par le contact direct avec la salive d’une personne infectée. Les baisers, d’où son surnom, sont une voie de contamination évidente, mais le partage de verres, de couverts ou d’autres objets ayant été en contact avec la salive peut également favoriser la propagation du virus.
Le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose, possède une période d’incubation relativement longue, allant de 4 à 8 semaines. Cela signifie que les premiers symptômes – fièvre, mal de gorge, fatigue extrême – peuvent apparaître bien après le contact initial avec le virus, rendant difficile l’identification de la source de l’infection. La maladie est souvent confondue avec une angine bactérienne en raison de la douleur intense à la gorge et du gonflement des ganglions lymphatiques.
« Comme les symptômes sont très similaires, le seul moyen réel et concluant de différencier la mononucléose des autres infections de la gorge est le test sérologique. Il faut donc que la personne fasse des tests de laboratoire pour savoir si elle est atteinte ou non de mononucléose. »
Estevão Urbano, infectiologue
Selon l’infectiologue Estevão Urbano, un diagnostic précis nécessite une analyse sanguine spécifique. La transmission du virus est la plus forte pendant la phase symptomatique, qui dure généralement entre deux et quatre semaines, mais peut persister plus longtemps chez certaines personnes.
Conséquences potentielles
Dans la majorité des cas, la mononucléose évolue favorablement et se résout d’elle-même. Cependant, une prise en charge médicale est essentielle pour exclure d’autres pathologies et surveiller l’apparition de complications potentielles. Bien que rares, ces complications peuvent être graves, incluant la rupture de la rate, la méningite, l’encéphalite et le syndrome de Guillain-Barré, une affection neurologique pouvant entraîner une faiblesse musculaire progressive et, dans certains cas, une paralysie.
Une attention particulière doit être portée à l’état de la rate, qui peut être augmentée de volume après une infection par le virus d’Epstein-Barr. Dans ce cas, il est crucial d’éviter les activités physiques intenses et les traumatismes abdominaux pour prévenir une rupture de la rate et les hémorragies qui en découlent.
Même après la disparition des symptômes aigus, une fatigue persistante peut affecter la qualité de vie pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Cette fatigue post-mononucléose est un phénomène courant et généralement sans gravité, mais il est important de la reconnaître et de l’accepter.
La réactivation du virus est rare, mais peut survenir chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli, par exemple après une infection sévère au Covid-19.
Risques et symptômes d’alerte
Certains symptômes doivent alerter et nécessiter une consultation médicale immédiate. Une hypertrophie importante des amygdales peut entraîner des difficultés respiratoires, tandis que des douleurs abdominales intenses peuvent signaler une rupture de la rate. Une coloration jaune de la peau et des yeux (jaunisse) peut indiquer une atteinte hépatique.
En cas de rupture de la rate, une intervention chirurgicale d’urgence peut être nécessaire. Une atteinte hépatique sévère peut nécessiter une modification du régime alimentaire, en évitant les aliments gras et frits. Enfin, une diminution du nombre de plaquettes sanguines peut augmenter le risque de saignement et nécessiter l’évitement de certains médicaments, comme les anti-inflammatoires.
Démystifier les idées reçues
Contrairement à certaines croyances populaires, la mononucléose ne se transmet pas par la sueur. Les contacts directs impliquant un échange de salive, tels que les baisers, restent la principale voie de contamination. Les objets contaminés par la salive, comme les verres ou les couverts, peuvent également jouer un rôle dans la propagation du virus.
L’infectiologue Estevão Urbano précise que la transmission du virus est limitée à la phase active de la maladie et qu’il est peu probable qu’une personne guérie puisse encore contaminer d’autres personnes. Écoutez ici Pepeu Gomes évoquer le désir et la passion, un sentiment qui, paradoxalement, peut augmenter le risque de contracter cette infection virale.


