Publié le 2024-02-29 14:53:00. Une nouvelle étude australienne révèle que les jeunes qui consacrent plus de dix heures par semaine aux jeux vidéo présentent des habitudes alimentaires moins saines, un sommeil perturbé et un risque accru d’obésité.
- Plus de dix heures de jeu hebdomadaires sont associées à une alimentation de moins bonne qualité et à un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé.
- L’étude ne démontre pas de lien direct de causalité, mais suggère que le jeu excessif peut supplanter des comportements bénéfiques pour la santé.
- Jusqu’à dix heures de jeu par semaine ne semblent pas avoir d’impact significatif sur la santé des étudiants interrogés.
Une étude menée par l’Université Curtin en Australie a mis en évidence un lien entre le temps passé à jouer aux jeux vidéo et la santé des jeunes adultes. Les chercheurs ont interrogé 317 étudiants issus de cinq universités australiennes, d’un âge moyen de 20 ans, afin d’évaluer l’impact de leurs habitudes de jeu sur leur alimentation, leur sommeil et leur poids.
Les participants ont été répartis en trois catégories : les « joueurs occasionnels » (0 à 5 heures par semaine), les « joueurs modérés » (5 à 10 heures) et les « joueurs assidus » (plus de 10 heures). L’analyse a révélé que les différences significatives en matière de santé sont apparues chez les joueurs assidus.
Selon le professeur Mario Siervo, de la Curtin School of Population Health, l’étude suggère que le problème réside dans l’excès de temps consacré aux jeux vidéo, plutôt que dans le jeu lui-même.
« Ce qui était frappant, c’est que les étudiants qui jouaient jusqu’à 10 heures par semaine semblaient très similaires en termes d’alimentation, de sommeil et de poids »,
Professeur Mario Siervo, Curtin School of Population Health
Il explique que les joueurs qui dépassaient les 10 heures de jeu hebdomadaires présentaient une nette détérioration de leurs habitudes de vie.
L’étude a notamment montré une diminution de la qualité de l’alimentation chez les joueurs assidus, ainsi qu’une prévalence plus élevée de l’obésité. Leur indice de masse corporelle (IMC) moyen était de 26,3 kg/m2, contre 22,2 kg/m2 et 22,8 kg/m2 pour les joueurs occasionnels et modérés, des valeurs considérées comme saines.
Les chercheurs ont également constaté que chaque heure supplémentaire de jeu par semaine était associée à une diminution de la qualité de l’alimentation, même en tenant compte de facteurs tels que le stress, l’activité physique et d’autres éléments liés au mode de vie.
« Chaque heure de jeu supplémentaire par semaine était associée à une diminution de la qualité de l’alimentation, même après prise en compte du stress et de l’activité physique et d’autres facteurs liés au mode de vie. »
Professeur Mario Siervo, Curtin School of Population Health
En ce qui concerne le sommeil, tous les groupes ont rapporté une qualité de sommeil généralement médiocre. Cependant, les joueurs modérés et assidus ont obtenu des résultats inférieurs à ceux des joueurs occasionnels, et une corrélation significative a été observée entre le temps de jeu et les troubles du sommeil.
Le professeur Siervo souligne que cette étude ne prouve pas un lien de causalité direct entre le jeu vidéo et ces problèmes de santé, mais qu’elle met en évidence un risque accru lié à un jeu excessif.
« Nos données suggèrent que jouer avec modération ou à faible niveau est généralement une bonne chose, mais un jeu excessif peut évincer des habitudes saines comme avoir une alimentation équilibrée, dormir suffisamment et rester actif. »
Professeur Mario Siervo, Curtin School of Population Health
Il recommande d’adopter des routines plus saines, telles que faire des pauses régulières pendant les sessions de jeu, éviter de jouer tard le soir et privilégier des collations nutritives, afin de favoriser le bien-être général.
