Publié le 16 mai 2024 à 18h30. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a refusé mercredi d’extrader un médecin accusé par la Louisiane d’avoir envoyé des pilules abortives par courrier, une décision qui intensifie le conflit juridique et politique autour de l’accès à l’avortement aux États-Unis.
- Gavin Newsom bloque la demande d’extradition d’un médecin californien poursuivi en Louisiane pour avoir prescrit des médicaments abortifs.
- La Louisiane, qui a adopté certaines des lois les plus restrictives en matière d’avortement, risque jusqu’à 50 ans de prison si reconnu coupable.
- Cette décision s’inscrit dans le cadre de la politique de la Californie visant à protéger les prestataires d’avortement des poursuites pénales intentées par d’autres États.
Le gouverneur démocrate de Californie a annoncé sa décision le jour après que le gouverneur républicain de Louisiane, Jeff Landry, a officiellement demandé l’extradition du médecin. La Louisiane possède certaines des lois anti-avortement les plus strictes du pays, tandis que la Californie s’efforce de protéger les droits reproductifs et les professionnels de santé qui les exercent.
Newsom a justifié son refus en invoquant un décret signé en 2022, qui interdit aux agences d’État californiennes de coopérer avec les enquêtes d’autres États visant à poursuivre les prestataires d’avortement. Il a fermement déclaré qu’il ne permettrait pas à d’autres États d’entraver l’accès aux soins de santé reproductive en Californie.
« Nous ne permettrons pas à des politiciens extrémistes d’autres États d’entrer en Californie et d’essayer de punir des médecins sur la base d’allégations selon lesquelles ils fourniraient des services de santé reproductive. Pas aujourd’hui. Pas jamais. »
Gavin Newsom, gouverneur de Californie
Le bureau de Jeff Landry n’a pas immédiatement réagi à l’annonce de Newsom. La Louisiane cherche à extrader Rémy Coeytaux, un médecin de la région de la baie de San Francisco. Selon la procureure générale de Louisiane, Liz Murrill, le Dr Coeytaux est accusé d’avoir illégalement prescrit des médicaments provoquant l’avortement, une infraction passible d’une peine maximale de 50 ans de prison.
Les tentatives de contact avec le Dr Coeytaux pour obtenir un commentaire sur la demande d’extradition sont restées sans réponse. Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États américains concernant l’accès à l’avortement, notamment depuis l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade par la Cour suprême en 2022. La Californie a adopté des lois visant à protéger les prestataires d’avortement et les patientes venant d’États où l’avortement est restreint ou interdit.
