Publié le 13 janvier 2024 03:00:00. New Delhi durcit la réglementation pour les smartphones vendus sur son territoire, suscitant des inquiétudes parmi les géants de la technologie tels qu’Apple, Samsung et Xiaomi. Le gouvernement indien exige notamment l’accès au code source des systèmes d’exploitation et un contrôle accru sur les autorisations des applications.
- L’Inde exige que les fabricants de smartphones soumettent leur code source à des tests de sécurité gouvernementaux.
- De nouvelles règles visent à limiter l’accès des applications à la caméra, au microphone et aux données de localisation en arrière-plan.
- Les fabricants doivent informer le gouvernement avant de publier des mises à jour logicielles ou des correctifs de sécurité.
Le gouvernement indien s’apprête à imposer une série de nouvelles règles de sécurité aux fabricants de smartphones, une initiative qui a immédiatement rencontré une opposition de la part de l’industrie technologique. Ces réglementations, révélées par des documents gouvernementaux et confirmées par des sources industrielles citées par Reuters, visent à renforcer la sécurité des appareils utilisés par des millions de consommateurs indiens.
La mesure la plus controversée concerne l’obligation pour les fabricants, dont Apple, Samsung, Google et Xiaomi, de soumettre le code source de leurs systèmes d’exploitation à des laboratoires désignés par l’État pour des tests de sécurité. L’objectif affiché est de détecter d’éventuelles vulnérabilités que des pirates informatiques pourraient exploiter. Cependant, l’association industrielle MAIT (Manufacturers’ Association for Information Technology) a exprimé des réserves, soulignant que cette exigence entre en conflit avec les politiques de confidentialité et de protection des données des entreprises au niveau mondial.
Outre l’accès au code source, New Delhi souhaite également renforcer le contrôle sur les autorisations accordées aux applications. Les nouvelles règles prévoient de limiter l’accès des applications à la caméra, au microphone et aux données de localisation lorsqu’elles fonctionnent en arrière-plan. Dans ce cas, les appareils devraient afficher en permanence des notifications dans la barre d’état pour informer l’utilisateur. Les fabricants estiment que ces réglementations manquent de normes internationales reconnues et de méthodes de test clairement définies.
D’autres mesures proposées incluent des avertissements réguliers invitant les utilisateurs à vérifier les autorisations des applications, la conservation des journaux de sécurité pendant un an et une analyse régulière des logiciels malveillants. L’industrie s’oppose à la conservation des journaux de sécurité, arguant que cela alourdirait considérablement l’espace de stockage des appareils des consommateurs. De même, une analyse constante des logiciels malveillants pourrait dégrader les performances et vider rapidement les batteries.
Le gouvernement indien envisage également d’obliger les fabricants à permettre la suppression des applications préinstallées non essentielles. Les fabricants soulignent toutefois que certaines de ces applications sont des composants intégrés du système d’exploitation et ne peuvent pas être désinstallées sans compromettre la stabilité de l’appareil.
Une autre exigence controversée concerne l’obligation pour les fabricants d’informer le gouvernement avant de publier des mises à jour logicielles ou des correctifs de sécurité. L’industrie considère cette procédure comme peu pratique, car les correctifs de sécurité doivent être déployés rapidement pour contrer les menaces actives. Tout retard imposé par le gouvernement pourrait laisser les utilisateurs vulnérables.
Enfin, les appareils devraient être capables de détecter si un utilisateur a effectué un “root” (sur Android) ou un “jailbreak” (sur iOS) et d’afficher des avertissements constants. Les fabricants estiment qu’il n’existe pas de mécanisme fiable pour détecter ces modifications de manière infaillible. Une autre règle exige une protection contre le “rollback”, empêchant les utilisateurs d’installer d’anciennes versions du système d’exploitation, même si elles sont officiellement signées par le fabricant. Les fabricants soulignent l’absence de normes mondiales concernant ces exigences.
