Publié le 10 janvier 2026 15h10. Les manifestations qui secouent l’Iran depuis fin décembre se durcissent, avec un nombre croissant de victimes et des hôpitaux submergés, selon des témoignages de professionnels de la santé et des estimations de plusieurs sources.
- Le nombre de morts liés aux manifestations en Iran aurait atteint au moins 65 personnes ces derniers jours, selon l’agence de presse Human Rights Activists News Agency (Hrana).
- Des médecins rapportent des hôpitaux en état de crise, notamment à Téhéran et Chiraz, confrontés à un afflux massif de blessés, principalement touchés à la tête et aux yeux.
- Les autorités iraniennes ont imposé un blocage d’Internet de plus de 36 heures, entravant la diffusion d’informations et la communication.
La situation en Iran s’aggrave alors que les protestations, initialement déclenchées par la crise économique, se poursuivent. L’agence Hrana, considérée comme une source fiable, a recensé au moins 65 décès liés aux manifestations au cours des derniers jours, tout en soulignant que ce chiffre est probablement sous-estimé car il ne prend en compte que les victimes identifiées. La majorité des décès ont été signalés en dehors de la capitale, dans les provinces de Chaharmahal et Bakhtiari, Ilam, Kermanshah et Fars. Parallèlement, Hrana a fait état de 2 311 arrestations.
Selon des informations obtenues par le journal britannique The Telegraph auprès de responsables de la République islamique, le niveau d’alerte fixé par le « Guide suprême » Ali Khamenei serait plus élevé qu’en juin dernier, lors des tensions avec Israël.
Des témoignages poignants émergent des hôpitaux. Un médecin, contacté par la BBC via la connexion satellite Starlink, a décrit un hôpital ophtalmologique de Téhéran en « mode crise », avec des services d’urgence débordés et la suspension des interventions non urgentes. Un autre médecin, basé à Chiraz, a fait état d’un afflux massif de blessés, dont beaucoup souffraient de blessures par balle à la tête et aux yeux, typiques de la répression violente des manifestations.
« L’hôpital Farabi, le principal centre ophtalmologique de Téhéran, est entré en mode crise et les services d’urgence sont débordés. »
Médecin iranien, contacté par la BBC
Un autre témoignage, publié dans l’hebdomadaire « Time », est particulièrement alarmant. Un médecin affirme avoir recensé 217 manifestants tués rien qu’à Téhéran, dans six hôpitaux de la capitale. Il rapporte que les autorités auraient retiré les corps de l’hôpital vendredi dernier, ajoutant que la plupart des victimes étaient de jeunes, dont plusieurs ont été tuées par des tirs de mitrailleuse devant un commissariat de police du nord de Téhéran. Des militants ont signalé qu’au moins 30 personnes auraient été touchées lors de cet incident.
Malgré le blocage d’Internet, des images et des vidéos continuent de circuler, montrant notamment des véhicules des forces de sécurité incendiés dans plusieurs villes du pays. Les autorités ont répondu en ouvrant le feu sur les manifestants pour réprimer les protestations. Le blocage de la connectivité Internet, qui dure depuis plus de 36 heures selon Netblocks, un groupe de surveillance du réseau numérique mondial, limite considérablement la possibilité de diffuser des informations et de communiquer.
