Publié le 25 novembre 2023 09:30. Une ressortissante indienne a été retenue pendant 18 heures à l’aéroport de Shanghai, la Chine contestant la validité de son passeport en raison de la mention de son lieu de naissance dans l’Arunachal Pradesh, une région revendiquée par Pékin. L’Inde a fermement protesté contre cet incident, le qualifiant de remise en question de sa souveraineté.
- Une femme britannique d’origine indienne a été bloquée à l’aéroport de Shanghai pendant près d’une journée.
- La Chine a contesté la validité de son passeport indien en raison de son lieu de naissance, l’Arunachal Pradesh.
- L’Inde a exprimé sa vive préoccupation et a demandé des explications à la Chine.
L’incident, survenu le 21 novembre, a touché Prema Thongdok, une conseillère financière d’une trentaine d’années résidant au Royaume-Uni depuis 14 ans. Elle voyageait de Londres à Tokyo avec une escale de trois heures à l’aéroport international de Shanghai Pudong. Selon son témoignage, elle a été interpellée lors des contrôles de sécurité de sa correspondance.
« J’attendais dans la file d’attente lorsque l’une des agentes de sécurité m’a repérée et m’a fait sortir de la file. Elles ont examiné mon passeport et ont insisté sur le fait que l’Arunachal Pradesh fait partie de la Chine, rendant mon passeport invalide », a-t-elle déclaré au Indian Express. Elle a ajouté avoir voyagé avec le même passeport via le même aéroport le 16 octobre sans rencontrer de problème, ce qui, selon elle, suggère un acte de harcèlement.
Prema Thongdok affirme avoir été maintenue à l’aéroport pendant 18 heures, privée de nourriture et d’accès à l’information, l’accès à Google étant bloqué en Chine. Les autorités chinoises lui auraient refusé le voyage vers le Japon, malgré la possession d’un visa valide, et lui ont demandé de retourner au Royaume-Uni ou en Inde. Elle a finalement réussi à contacter le consulat indien à Shanghai grâce à l’aide de ses amis au Royaume-Uni.
Six représentants consulaires sont intervenus et lui ont fourni de la nourriture. Cependant, ils n’ont pas pu l’autoriser à poursuivre son voyage vers le Japon et ont exigé qu’elle réserve un vol via China Eastern Airlines. Prema Thongdok a finalement réservé un vol pour l’Inde, avec une escale en Thaïlande, où elle se trouve actuellement et travaille à distance.
Dans un courriel adressé au ministère indien des Affaires étrangères, Prema Thongdok a dénoncé cet incident comme un « défi direct à la souveraineté de l’Inde » et une source de « détresse physique et mentale ». Elle a demandé une compensation pour le « harcèlement » et les « pertes financières » subis.
« Même si je vis au Royaume-Uni depuis de nombreuses années, je n’ai pas renoncé à mon passeport indien parce que j’aime mon pays et je ne veux pas être une étrangère dans mon propre pays », a-t-elle déclaré. « J’aurais probablement évité cette situation si j’avais possédé un passeport britannique. »
Le ministère indien des Affaires étrangères a confirmé avoir exprimé sa vive préoccupation à la Chine, soulignant que l’Arunachal Pradesh est un territoire indien incontestablement et que ses habitants ont le droit de détenir et d’utiliser des passeports indiens. Selon des sources au sein du ministère, les actions des autorités chinoises contreviennent aux Conventions de Chicago et de Montréal relatives à l’aviation civile.
Cet incident survient alors que les deux pays s’efforcent de rétablir des relations diplomatiques normales. Les sources indiennes ont souligné que de telles actions chinoises constituent un obstacle inutile à ce processus.
