Publié le 4 octobre 2025 à 00h25. Lors du festival de comédie de Riyad, Dave Chappelle a suscité la controverse en critiquant l’état de la liberté d’expression aux États-Unis, tout en se produisant dans un pays où les restrictions à la parole sont sévères.
- Dave Chappelle a déclaré qu’il était plus facile de s’exprimer en Arabie saoudite qu’aux États-Unis.
- Ses commentaires interviennent alors que le festival de comédie de Riyad est lui-même soumis à des restrictions de contenu.
- L’incident soulève des questions sur la liberté d’expression et les compromis éthiques pour les artistes.
Riyad, la capitale saoudienne en pleine transformation, s’est récemment positionnée comme un nouveau pôle d’attraction pour les artistes américains, notamment les humoristes. Après les éloges de Bill Burr sur son expérience, c’est au tour de Dave Chappelle de faire parler de lui, mais pour des raisons plus complexes. Lors d’une représentation devant un public de 6 000 personnes, Chappelle a exprimé son inquiétude quant à la possibilité d’être “annulé” pour avoir évoqué certaines personnalités, notamment Charlie Kirk.
« En ce moment en Amérique, ils disent que si vous parlez de Charlie Kirk, que vous serez annulé. Je ne sais pas si c’est vrai, mais je vais le découvrir. »
Dave Chappelle, humoriste
Il a ajouté, selon le New York Times, qu’il lui semblait plus aisé de s’exprimer en Arabie saoudite qu’aux États-Unis, craignant des représailles à son retour.
Cette déclaration intervient dans un contexte particulier. L’Arabie saoudite est régulièrement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme pour son bilan en matière de liberté d’expression et de respect des droits fondamentaux. Les médias y sont étroitement contrôlés par le gouvernement, et de nombreux sujets sont tabous, notamment toute critique du régime ou de la religion islamique. En 2022, l’étudiante Salma al-Shehab a été condamnée à 34 ans de prison (puis réduite) pour avoir partagé des messages de militantes des droits des femmes sur X (anciennement Twitter).
Le festival de comédie lui-même n’était pas exempt de restrictions. La comédienne Atsuko Okatsuka a révélé qu’un accord lui avait été imposé, interdisant notamment toute critique de la religion ou de la famille royale saoudienne.
Cette situation paradoxale a suscité de vives réactions. Certains observateurs soulignent l’ironie d’un artiste critiquant les limites de la liberté d’expression aux États-Unis tout en se produisant dans un pays où ces limites sont bien plus strictes. D’autres estiment que Chappelle, connu pour sa propension à aborder des sujets controversés, courtise délibérément la polémique.
Pour l’heure, il reste à voir comment cet épisode affectera la carrière de Dave Chappelle. Il est certain que cela lui vaudra de nombreuses critiques, mais aussi, potentiellement, de nouvelles opportunités de développer sa réflexion sur la liberté d’expression et les enjeux de la culture contemporaine. Source : Hollywood Reporter
